Le bilan du cyclone Idai continue comme on pouvait le craindre de s’alourdir. On dénombre déjà 676 morts entre le Mozambique et le Zimbabwe. Plus inquiétante encore, la lente progression des secours qui risque de ne pas être suffisante pour enrayer les risques d’épidémie, qui font traditionnellement suite à ce genre de catastrophe.

Certaines zones, sont encore coupées du monde. Le secteur affecté au Mozambique, qui est le pays le plus touché, fait 3 000 km². De nombreuses voix s’élèvent pour que la communauté mondiale comprenne bien ce qui se passe et l’ampleur de la catastrophe. Le ministre mozambicain de l’Environnement Celso Correia, évoque un désastre qui équivaut aux catastrophes majeures. Il est rejoint en cela, par la directrice générale de l’Unicef Henrietta Fore, qui explique “la situation va encore empirer avant de s’améliorer“. Toutes les agences humanitaires commencent à peine à voir l’ampleur des dégâts. Des villages entiers ont été submergés, et détruits.

Tous regrettent un manque évident d’aides et de moyens, car il faut avouer que ce n’est pas facile de tout acheminer dans des conditions difficiles. Les hélicoptères, des bateaux militaires, pneumatiques, de pêche, ont pris le relais des véhicules classiques inutiles avec l’effondrement de nombreux ponts et routes. Au total, ce sont environ 2 millions de personnes qui sont touchées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe.

Au fur et à mesure, les urgences parmi les urgences sont traitées. Sebastian Stampa du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), assure “il n’y a plus personne bloqué dans des arbres“, cependant, “il y a encore des gens sur les toits“. De nombreux habitants ne veulent pas quitter leurs maisons, de peur des pillages, alors ils font sécher de la nourriture sur des tôles ou des toits-terrasses en attendant la décrue.

A Beira,, l’électricité était progressivement rétablie dans certains quartiers. L’hôpital est de nouveau opérationnel, mais il travaille dans des conditions très difficiles. Les habitants, ont commencé à reconstruire avec les moyens du bord des habitations de fortune. Cependant, la ville est devenue un refuge où s’entassent des milliers de rescapés dans plusieurs écoles réquisitionnées. La lutte contre d’éventuelles épidémies devient maintenant la priorité absolue.

L’Unicef, met en avant un scénario hélas trop connu, incluant la promiscuité dans les centres d’hébergement, le manque d’hygiène, les eaux stagnantes et infectées. Tout ceci présente des risques de maladies comme le choléra, le paludisme et les diarrhées.

Il faut faire vite et bien avec parfois des moyens dérisoires. On est hélas loin des routes privilégiées de l’information et des zones d’habitation de pays fortunés.

Crédit photo : akshay paatil