traffic-jam-688566_640_photo 0532-2008“Il n’y a plus de sujet”. Matignon a choisi de ne plus évoquer la question de l’écotaxe dans le débat public. Mais à quelques mois des élections régionales, est-ce suffisant?

“Le communiqué [de Matignon] semble avoir été fait un peu dans la précipitation”, avait commenté Frédéric Cuvillier. “A la veille d’un débat majeur pour les régionales, Matignon dit que ‘non le sujet n’existe plus’…” “Il n’y a eu aucune réponse constructive à ma proposition. Matignon se contente de dire que puisque le dispositif écotaxe est enterré, il n’y a plus de raison d’en parler”. L’ex-ministre des Transports estime que la mise en place d’une “taxe transit” dans la région de Nord-Pas-De-Calais-Picardie favoriserait la création de “”4.000 emplois supplémentaires” et permettrait de créer une commission interrégionale avec d’autres régions comme la Lorraine et l’Alsace.

“Pourquoi continuer à payer les dégâts provoqués par le passage de camions étrangers en transit dans les régions frontalières du Nord et de l’Est ?” s’est demandé le maire de Boulogne-sur-Mer.

Bien évidemment, l’avenir des infrastructures qui ont été créées pour l’écotaxe est encore au centre des débats, et l’ancien ministre espère que les 10.000 portiques mis en place sur les routes seront réutilisés par les régions. “Il faut laisser aux régions leur capacité à mener de vraies politiques sur leur territoire. Le renforcement des compétences régionales, notamment en matière de transit, est d’ailleurs au cœur de la réforme territoriale”. Malgré la demande du gouvernement, le gel des opérations de démantèlement de ces portiques n’est pas encore à l’ordre des priorités. Il en est de même pour la demande de “moratoire” sur le sujet, que l’ex-ministre des Transports avec rappelé lundi. “L’exécutif devrait faire confiance aux régions”, avait accusé Frédéric Cuvillier.

L’exécutif pense le contraire. Il estime que tout semble être fait pour que les régions ne pensent pas qu’il y ait une décentralisation du dispositif. A quelques mois de l’élection régionale, le gouvernement fait-tout pour éviter une nouvelle polémique, un signe que Matignon ne souhaite plus faire de communication sur le sujet. Ségolène Royal semble d’accord avec cette décision: “Je pense que la décision de ne pas relancer la polémique est en effet une bonne décision”, a admis la ministre de l’Écologie sur France Inter.