Nous avons tous, nos passions, nos hobbys, et nos centres d’intérêt. Certains à leurs heures perdues, se déclarent monarques ou princes autoproclamés de micronations. Ce sont, des entités qui ont proclamé leur indépendance, mais ne sont reconnues par aucun gouvernement, ils en existent environ 200 dans le monde entier. Cependant, il faut bien avouer, que cette passion est surtout populaire en Australie, qui en compte à elle seule 35.

Cet intérêt des Australiens pour les micronations est certainement alimenté par un endémique dédain des Australiens envers l’autorité. C’est presque une sorte de sport national, et même une source de fierté. George Williams, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, explique “en Australie, il y a un courant assez fort de gens, qui veulent faire un pied-de-nez aux autorités. Il y a une tendance de franc-tireur ici, l’idée qu’on peut s’amuser avec ça“.

Il faut avouer, que cette tendance est bien aidée par la tolérance et presque la bienveillance des autorités envers ces minuscules fiefs. La chose la plus importante sur laquelle elles ne transigent pas, comme tous les Etats, c’est que ses “monarques” payent leurs impôts.

Historiquement, la plus ancienne micronation de l’immense pays, la principauté d’Hutt River, en Australie-Occidentale, a été fondée en 1970 par Leonard Casley, après une dispute avec le gouvernement de l’Etat sur des quotas de blé. Le prince Leonard, propriétaire de 75 km² de terres agricoles, soit deux fois la taille du territoire chinois de Macao, a été condamné en 2017 par la justice à payer trois millions de dollars australiens d’impôts (1,9 million d’euros).

Malgré tout, la principauté devenue attraction touristique, rapporte une coquette rente à son propriétaire, selon la presse australienne. L’an dernier, Leonard a transmis les rênes de son fief à son plus jeune fils Graeme.

D’autres micronations ont des idéaux plus élevés, ainsi George Cruickshank, alias l’Empereur George II, a fondé l’Empire de l’Atlantium avec ses cousins quand ils étaient encore adolescents, car ils étaient horrifiés par la “confrontation” des blocs pendant la Guerre froide. “Dès l’instant où j’ai mis l’écharpe et les médailles et où je suis devenu George II, empereur d’Atlantium, les médias se sont intéressés tout à coup à ce que j’avais à dire“, explique à l’AFP l’intéressé, qui a ouvert une page Facebook pour les chefs de micronations.

Cependant, même s’il se sert de sa célébrité pour défendre ses idées progressistes et mondialistes dans le monde entier, George Cruickshank présente son Empire comme le seul pays à louer dans le monde au tarif de 100 dollars australiens la nuit. Les princes sont comme tout le monde, ils ne peuvent pas vivre d’amour et d’eau fraîche.

Des micronations naissent régulièrement dans le monde entier et l’une des dernières en date, Asgardia, a été proclamée fin juin par Igor Ashurbeyli, un ingénieur informaticien et homme d’affaires russe qui s’est déclaré “président” de cette “nation de l’espace” utopique.

Crédit photo : Alan Wood