Synode eveques_photo de HocVien DaminhVNDu mouvement au Vatican ce week-end, la police vaticane est venue arrêter deux membres de la Commission pontificale de référence, d’étude et de proposition sur l’organisation de la structure économique et administrative du Saint-Siège, la Cosea. Le promoteur de justice, l’équivalent d’un procureur, accuse Mgr Angel Vallejo Balda et Francesca Chaouqui d’avoir fait passer à des journalistes des documents réservés.

C’est une véritable psychose de fuites d’informations qui agite le Vatican. Il faut dire que depuis la démission de Benoît XVI, et de ce que l’on a appelé le Vatileaks, on se méfie énormément. Sous le feu des projecteurs, ce sont les finances du Vatican. Deux ouvrages consacrés aux finances sombres de la citée papale, Chemin de croix de Gianluizi Nuzzi et Avarice d’Emiliano Fittipaldi, sont sur le point de paraître. Cette fois, c’est une lettre secrète adressée au pape François par un groupe de cardinaux conservateurs, qui s’est retrouvé à la une d’un quotidien italien, mais aussi une tentative de violation de l’ordinateur de Libero Milone, le réviseur général des comptes du Vatican.

Le plus terrible, c’est que les deux personnes arrêtées, avaient été choisies justement pour faire le grand nettoyage. Tout d’abord, Monseigneur Balda, nommé en juillet 2013 secrétaire de la Cosea, l’organisme créé par le pape François pour réformer les finances du Vatican. C’est un Espagnol de cinquante-huit ans et membre de l’Opus Dei. Plus polémique, fut le recrutement de Francesca Chaouqui à la Cosea, cette avocate et lobbyiste ayant travaillé pour le géant mondial de l’audit Ernst & Young, trentenaire et d’un physique “agréable”. Elle s’était déjà fait remarquer pour des photos d’elle peu vêtue et pour des tweets irrespectueux envers l’ancien cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone. Un profil pas apprécié de tous, place Saint-Marc.

Mais voilà, la tentation fut trop forte et l’impatience mauvaise conseillère. Très certainement énervés par l’immobilisme de la curie, l’omerta des clans, les complots des uns et des autres, Mgr Balda et Francesca Chaouqui ont pensé, servir la cause du pape et l’aider en faisant passer des documents aux journalistes pour faire bouger les choses. De même, avant eux, le majordome de Benoît XVI Paolo Gabriel avait fait la même chose. Une fois encore le résultat est sans appel, consulté par le promoteur de justice et certainement pressé par de nombreuses personnes bien intentionnées et soucieuses de l’intérêt supérieur, le pape François a donné son accord à leur arrestation. Un bel exemple de ce que l’on appelle la raison d’État…

Crédit photo : HocVien DaminhVN