On va bientôt assister à un petit changement particulièrement rare, et important pour tous les catholiques, qui vont à la messe et qui récitent régulièrement le “Notre Père”. Après de multiples discussions, et même des reports, la décision a été prise et un passage va subir un léger changement.

Bientôt, les catholiques ne diront bientôt plus “ne nous soumets pas à la tentation”, mais “ne nous laisse pas entrer en tentation”. Bien sûr, pour le profane, le changement a l’air tout à fait anodin, mais comme souvent en matière de religion, où rien n’est le fruit du hasard, cette nouvelle traduction, induit beaucoup de choses, et se révèle plus importante que l’on veut le croire de prime abord.
Le sixième et avant-dernier verset du “Notre Père” a donc suscité d’intenses débats théologiques ces dernières années. Finalement, les évêques ont décidé, “ne nous soumet pas à la tentation”, qui laissait penser que les fidèles étaient poussés par leur dieu lui-même sur la pente glissante du péché. La nouvelle traduction « ne nous laisse pas entrer en tentation », fait penser au contraire que le créateur est un protecteur bienveillant. Il est apparu impossible par exemple de laisser imaginer un dieu qui s’amuserait à nous tenter juste pour tester notre foi, ou qui aurait pour rôle de définir et d’éliminer toute tentation en amont, nous privant de notre libre-arbitre et la possibilité d’affirmer cette même foi.
Avec cette décision, les catholiques rejoignent les Protestants, car L’Eglise protestante unie de France (EPUDF), qui comprend les luthériens et réformés, a déjà adopté ce changement, lors de son synode national du printemps 2016.
Ce n’est pas la première fois, que des changements interviennent dans l’interprétation du “Notre Père”, mais il est bon à parier que les habitudes ne vont pas s’effacer d’un coup. Cependant, la version que nous récitions jusqu’ici, ne venait pas de la nuit des temps, mais elle était le résultat d’un compromis œcuménique passé en 1966, dans la foulée du concile Vatican II.

Crédit photo : Marie-Michèle Côté