479px-Manuel_Valls_11166_Mutualité_photo_G.GaritanLe premier ministre aime faire la une des médias, sauf pour cette fois-ci.
Comme chaque semaine, Manuel Valls avait assisté à un diner à l’Élysée avec les plus grands de la majorité. En quittant, le diner, le Premier ministre donnait l’expression d’une “personne qui s’est emmerdée” durant de ce diner. Il savait déjà que son petit voyage à Berlin en Falcon gouvernemental ferait la une des médias, quand il avait décidé d’emmener ces deux enfants à la finale de la Ligue des champions.
Très à cheval sur les sondages, le premier ministre décortiquera sa prochaine cote de popularité pour voir les dégâts. Cependant, une première enquête a révélé quelques choses de pas bon du tout pour lui. D’après un sondage effectué par l’institut Elabe, près de 77% affirment être choqués par son déplacement à Berlin dans un avion de la République. 62% des sympathisants de la gauche affirment être choqués, 85% de droite se sentent indignés. L’aller-retour du premier ministre n’a rien d’illégal, sauf que cela s’est déroulé en pleine période de crise. « Quand les Français souffrent, il n’est pas possible pour un élu de prendre du plaisir, c’est tout de suite condamné », avait déclaré le député PS de l’Ardèche Pascal Terrasse.
Les élus ressentent déjà les premiers effets, comme l’affirme une parlementaire socialiste qui avait décrit l’ambiance dans son avion de ligne: « Les passagers ne parlaient que de ça ; tout remonte, les chauffeurs de fonction, les privilèges… Tout se mélange et c’est dévastateur », raconte-t-elle, confiant s’être fait tout petit. « Chez moi, ça anime les discussions de comptoir ».
À Matignon, on espère que l’orage passe vite. Cependant à gauche, beaucoup suggèrent au Premier Ministre d’éviter cette méthode. « Si on essaye de laisser pourrir pour faire en sorte de l’oublier, je pense que ce sera comme le Fouquet’s pour Sarkozy, ça restera dans les mémoires pendant longtemps », avait déclaré Olivier Falorni, le député divers gauche de Charente-Maritime. Comment faire alors pour s’en sortir?

Les élus de la gauche et de la droite conseillent un remboursement. François Fillon est favorable à cette idée. « Quand c’est des déplacements privés, on paye l’équivalent du billet d’avion », a déclaré l’ex-premier ministre qui avait dû également faire face à la même polémique quand il avait fait le voyage dans son fief de la Sarthe à bord d’un avion, aux frais de l’État. Pour s’en sortir, il avait pris la décision de rembourser ses derniers personnels.

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