Si Londres et l’Angleterre mettent en place le “Brexit”, et se rapprochent de la sortie de l’Union européenne, le Royaume-Uni traîne un peu les pieds et l’Ecosse fait carrément sa mauvaise tête. Du côté d’Édimbourg, on se rappelle que le vote écossais a majoritairement été favorable pour le maintien dans l’Union européenne. L’occasion pour la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon de brandir l’autorisation d’organiser un référendum pour l’indépendance de la province avec pour conséquence l’éclatement du Royaume-Uni.

Ce scénario serait une des conséquences surprenantes du Brexit, mais les Écossais s’accrochent à cette hypothèse. Les Britanniques ont voté à 52 % pour la sortie de l’UE lors du référendum historique du 23 juin 2016, et les Écossais quant à eux, s’étaient prononcé à 62 % pour un maintien dans le giron européen. Une nette différence de perception pour une décision majeure, qui ravive la nécessité pour l’Écosse de pouvoir décider de son avenir. Beaucoup d’Écossais considèrent déjà que le gouvernement ne respecte pas sa promesse, faite lors du référendum de 2014. Cette promesse était de faire de l’Écosse un “partenaire égal” si elle optait pour le maintien dans le royaume de Sa Majesté.
La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a clairement expliqué, “j’estime qu’il est important que l’Ecosse soit en mesure de décider de son futur”. Elle a profité d’un parfait tempo, car l’annonce a surpris, puisqu’elle est arrivée au moment même où le Parlement se prépare au déclenchement du Brexit.
Cependant, Londres ne va pas se laisser faire et Theresa May a déjà contre-attaqué en signifiant que “les habitants de l’Écosse méritent un Premier ministre concentré sur leurs priorités” et “pas un nationalisme borné”. On imagine mal, tout de même que Theresa May, puisse empêcher simplement un nouveau référendum, mais elle peut y mettre différentes conditions, comme par exemple “qu’il ne puisse pas avoir lieu avant que l’accord sur le Brexit ne soit conclu” avec l’UE, donc pas avant 2019.
Ce sera alors à Nicola Sturgeon, de convaincre une opinion, pas encore totalement prête à franchir le pas, même si le soutien à l’indépendance progresse. Pour cela, elle devra mettre en avant un projet économique solide et ambitieux pour l’Écosse, qui a accusé un déficit de 17,4 milliards d’euros pour l’exercice 2015-16. En cause, l’impact de la chute des cours mondiaux du pétrole sur la manne d’argent que rapportent les champs pétroliers de la mer du Nord qui atteignent leur rendement maximum.
Le dernier mot pour Paul Fraser, un militant SNP de 45 ans, “on nous a promis beaucoup de choses et au final, on se retrouve emportés par la vague xénophobe qui déferle sur le Royaume-Uni. Moi, je crois que l’Écosse a tout ce qu’il faut pour être un pays juste pour tous”.

Crédit photo :  alexaitchison