Vous ne connaissez pas le site Bonnenote.fr ? Pourtant, ce site de soutien scolaire, lancé en France fin 2016, fait de plus en plus parler de lui. En effet, une partie de ses méthodes employées suscitent une vive polémique et sont vivement critiquées par les professeurs, et les syndicats étudiants. Il faut dire, que le site propose tout simplement de réaliser les devoirs des étudiants contre rémunération.

Le concept, est déjà en place dans d’autres pays comme les États-Unis, et celui-ci s’est inspiré de la plateforme britannique Ivory Research. Bonnenote.fr, propose à ses utilisateurs tout un panel de « rédacteurs spécialisés par matière et niveau académique » qui se disent prêt à « aider et à réaliser des devoirs de qualité ». C’est sur le terme de “aider”, que la polémique enfle, car en fait, les élèves peuvent recevoir un devoir “clé en main” après avoir versé une somme d’argent. Le prix de base d’une page est de 7,20 €, pour recevoir sa copie.

Les réactions ne se sont pas fait attendre du côté de la fédération de parents d’élèves, la FCPE. La présidente Liliana Moyano dit clairement que le procédé est “scandaleux“, et le vice-président de l’association estime, quant à lui, que Bonnenote.fr ne présente “aucun intérêt pédagogique”. Même son de cloche du côté du syndicat général des lycéens (SGL), le premier syndicat des étudiants, qui évoque un « Uber des devoirs » et une « marchandisation de l’éducation ». Le syndicat demande d’ailleurs « la suspension du site Bonnenote.fr dans son modèle actuel et de toute initiative de ce type ».

On se souvient que la même chose est arrivée en 2009 avec la plateforme Faismesdevoirs.com, qui avait dû cesser son activité après seulement trois jours d’existence.

Du côté du site, Victor Der Megreditchian, l’homme à l’origine du site, a invoqué le désir de proposer « un devoir parfait », une copie exemplaire qui permettrait de guider les élèves. Il se défend de toute tricherie, en expliquant que les clients ayant recours à ses services, « n’ont pas le droit de rendre ces devoirs à leur école ou leur université ». Pour l’entrepreneur, le site met en relation des intervenants extérieurs avec des élèves demandeurs à la manière de “parents qui aident leurs enfants dans les devoirs et qui veulent gagner du temps“.

Toujours la même question en arrière-plan, doit-on privilégier le résultat ou le progrès ?

Crédit photo : Université de Montréal