Souvent, quand les temps sont troubles au niveau du débat politique, l’option du fameux référendum, refait surface. Cet appel à la décision et à la soi-disant sagesse du peuple, a cette particularité, de ne pas avoir la plupart du temps la signification qu’on lui attribue. En effet, on va poser une question dont la réponse souvent importe peu, car l’enjeu est d’être d’accord ou pas avec le chef de l’Etat. Historiquement, les résultats du référendum, ont souvent eu une portée, dépassant largement le cadre de la question posée.

C’est évidemment tout cela, qu’Emmanuel Macron et son entourage doivent avoir en tête actuellement. Cependant, il faut bien trouver une sorte de sortie de crise pour l’affaire des gilets jaunes et surtout une sorte de but concret au Grand débat national. Le chef de l’Etat est bien conscient, et c’est ce qui l’amène à cette réflexion, “à un moment donné, je serai peut-être amené à demander à nos concitoyens, s’ils sont d’accord sur telle ou telle chose”.

Cependant, tout ceci reste encore au stade de la réflexion, car nombreux sont ses conseillers, qui ne voient pas cela d’un bon œil. Une bonne partie de la majorité y voit un risque inutile de se mettre en danger. Certains étudient la possibilité de faire un référendum sur un sujet constitutionnel relativement neutre, comme la réduction du nombre de parlementaires, une part de proportionnelle directe, le vote blanc ou obligatoire. Il s’agit bien sûr, d’éviter un sujet de politique général qui engagerait directement la responsabilité de l’Etat. En l’occurrence, il s’agit de coller au plus près du débat national et d’éviter au chef de l’Etat de prendre partie.

Le problème, c’est d’en arriver à une question tellement neutre, qu’elle n’intéresserait pas assez les électeurs, et donnerait lieu à une abstention énorme. Elle n’entraînerait pas non plus une baisse de la grogne ambiante, et elle renforcerait le sentiment d’un pouvoir pas vraiment à l’écoute des vrais problèmes.

Ensuite, un référendum sous la Cinquième République, cela ne s’organise pas comme cela, et le timing pourrait être serré, si cette consultation devait se faire en même temps que les Européennes. Le Grand débat, doit s’achever le 15 mars pour une restitution prévue en avril, de surcroît Michel Lascombe, ancien professeur à Sciences Po Lille, explique “ce n’est pas impossible de voter deux fois, mais combiner un vote national et européen me paraît difficile, ne serait-ce que parce que le collège électoral ne serait pas le même”.

Enfin, plusieurs ministres veulent éviter de brouiller les vrais enjeux des Européennes, qui apparaissent un domaine plus favorable à LREM.

Crédit photo : Consulat-de-France a New-York