C’est la question, que l’on se pose à la vue du dernier biopic consacré à la vie de Freddie Mercury. Suivant de nombreux spécialistes, Bohemian Rhapsody, comporte de nombreuses inexactitudes. Certaines libertés, ont été prises pour renforcer la dramaturgie du film et le rendre plus attractif. Cependant, loin de vouloir jouer les rabats-joies dans le cadre d’un biopic, on s’attend à une certaine précision dans des informations importantes. 

Autrement dit, un biopic doit-il se préoccuper d’abord de raconter une histoire ou raconter l’Histoire ? Ceci, est presque un cas d’école, car on peut s’attendre à un énorme succès du film. De fait, ce qui est montré dans ce biopic, sera pris pour la vérité par une bonne partie des spectateurs, qui ne connaissent pas l’histoire de Queen et de son chanteur Freddie Mercury.

Dans cette optique, plusieurs articles américains, ont repéré des erreurs biographiques du film, considérées comme dangereuses, parce qu’elles pervertissent le message et l’image de Mercury. Ainsi, la controverse est importante concernant la volonté du chanteur de se lancer dans une carrière solo et son diagnostic du HIV. 

Dans le film, lorsque Freddie Mercury veut se lancer dans une carrière solo, l’histoire nous montre le bassiste Roger Taylor, particulièrement remonté contre Freddie Mercury et son amant et manager Paul Prenter. Pour le bassiste, ainsi que les autres membres du groupe, cela mettrait Queen en danger. C’est oublier, que Freddie Mercury n’était pas le premier membre du groupe à se lancer en solo, et que justement Roger Taylor, avait déjà sorti deux albums en 1981 et 1984, Fun in Space et Stranger Frontier.

Deuxième grosse entorse à la réalité, concerne le diagnostic du HIV. Celui-ci, n’est pas antérieur au Live Aid, comme le suggère le film. On peut comprendre, que le parallèle participe à la dramatisation, puisque la participation au concert est interprétée comme un dernier effort pour s’adresser au monde. Aussi séduisant que cela puisse paraître, c’est faux. En effet, ce n’est pas la maladie, qui a réuni le groupe pour participer au Live Aid puisque Freddie Mercury, a été diagnostiqué du HIV qu’en avril 1987. De plus, le concert lui-même, n’a pas été l’unique reformation du groupe sur scène après des années de séparation, puisque Queen, quelques mois avant le Live Aid, était parti en tournée.

La réaction de Mike Ryan du site Uproxx, met en exergue un certain malaise, “je n’ai jamais vu un film qui distorde autant les faits de manière si punitive. C’est comme si le film voulait punir Freddie Mercury. Sa mort tragique du SIDA, a été un moment décisif du début des années 90 en ce qui concerne la prise de conscience par rapport à la maladie et son combat. Revenir là-dessus et l’intégrer au Live Aid semble bien désinvolte et cruel“.

Quant à Kevin Fallon, du Daily Beast, il est encore plus dur, “la façon dont le film gère le diagnostic du HIV est une version cruelle et manipulatrice de la tragédie qui, en plus d’être inexacte, perpétue le cliché que le SIDA est une punition pour les relations homosexuelles”.

Voilà, vous pouvez aller voir le film et surtout écouter les albums du groupe, c’est encore la voix de Freddy Mercury qui reflète le mieux son image.

Crédit photo : Trending News