Le tourisme se développe inexorablement et partout. De nombreux endroits paradisiaques, deviennent accessibles à un plus grand nombre. « Le tourisme international poursuit sa croissance à un rythme de 4 à 6 % par an », commente le directeur d’ID Tourisme. Cette affluence ne va pas s’en poser de nombreux problèmes à des sites particulièrement fragiles. Certains pays, sont obligés de prendre des mesures pour interdire, ou du moins limiter la fréquentation de lieux sensibles.

Cela devient une tendance lourde, et des restrictions concernant les fréquentations touristiques apparaissent. Récemment, ce sont les Galapagos, qui sont victimes de leurs succès. L’archipel volcanique du Pacifique, fait trop rêver les touristes pour ce site naturel à l’écosystème fragile. L’Équateur, dont les Galapagos font partie, a dû créer une réserve marine autour de l’archipel, en y encadrant sévèrement les constructions, en limitant le nombre de bateaux à pouvoir accoster chaque jour, en renchérissant le prix des vols. Les autorités songent à inscrire une limite d’admission dans la loi.

Cela ne serait pas une première, pour visiter le Machu Pichu, il est nécessaire d’acheter un billet au préalable, et les autorités péruviennes ont limité à 2 500 le nombre de personnes par jour à pouvoir visiter les sites Incas. La Thaïlande, a récemment limité l’accès de certaines plages aux bateaux, et depuis pas mal de temps l’Inde restreint le nombre de touristes indiens par jour au Taj Mahal.

On évoque même pour certains endroits, le recours à des quotas comme dans l’Antarctique. Ces mesures, interdisent d’accoster aux bateaux transportant plus de 500 personnes, limitent à 100 le nombre de personnes pouvant débarquer à la fois, ou interdisent d’utiliser du fioul lourd en dessous du 60e parallèle.

Il s’agit parfois, de rattraper le manque d’anticipation de nombreux gestionnaires de sites naturels. L’Unesco, n’échappe pas à la critique, car comme Christian Orofino le président de l’OBJET l’explique, « l’Unesco s’est longtemps contenté de labelliser de nouveaux sites sans avoir pensé au préalable, en concertation avec les autorités locales, à une stratégie d’accueil des visiteurs. Pourtant, ce label entraîne des arrivées massives de touristes qui peuvent être lourdes de conséquences pour les régions mal préparées ». Plus grave, pour Christian Orofino, “ce tourisme de masse a engendré de la pollution, des aménagements à la va-vite et laissait les populations locales à l’écart des retombées économiques ».

La France n’échappe pas aux phénomènes, et le réseau des Grands sites de France essaye d’anticiper pour éviter le recours à des limitations difficiles à mettre en place lorsqu’il s’agit de sites de grandes superficies, sans barrières, ni portes d’entrée, comme le Marais Poitevin ou la pointe du Raz.

Une utilisation intelligente des nouvelles technologies, pourrait aider à éviter que tout le monde se précipite au même moment sur le même site. Des indications envoyées sur les smartphones les jours de grosses fréquentations, afin d’orienter les touristes vers des lieux intéressants, mais moins connu, car à l’écart des sentiers classiques et immédiats, sont l’une de ces pistes.

Crédit photo : Only One