En ces temps, particulièrement troubles, la réaction parfois confuse l’emporte souvent sur l’action claire et déterminée. On retrouve dans l’arsenal, la panoplie de ce qu’il faudrait pour faire, face au terrorisme, des mesures, et des recettes miracles qui sont censées faire disparaître la menace de nouveaux attentats. Cela va de la création d’un “Guantanamo” à Cayenne, un lance-roquettes pour les policiers (on imagine les dégâts collatéraux possibles), et l’interdiction totale de l’immigration (on retrouve le fameux mur, cher à M. Trump).

Et puis, parmi ces mesures, il y a, la réapparition du service national sous une forme ou une autre. D’abord, il y a les arguments classiques, comme redonner aux jeunes l’idée de participer à la vie de la nation, et réaliser pour certains, qu’être citoyen cela se mérite et que l’on ne peut pas faire “que réclamer”. C’est aussi, un moyen simple pour mettre en place l’identification légale, et le contrôle de l’ensemble de la population. Cela permet de connaître la situation globale au moment précis de chacun, vis-à-vis de la société.

Cependant, la situation actuelle amène des éléments nouveaux, il faut réfléchir sur du long terme (hélas) et il ne serait pas cohérent qu’une situation d’exception, soit permanente. Les services de renseignements, et de sécurité fonctionnent, et font ce qu’ils peuvent. Les résultats restent plutôt positifs et l’emportent sur les failles, cependant, avec toutes ces victimes, on a du mal à se rappeler que le risque zéro n’existe pas. Soyons clair, on ne peut simplement pas, sous prétexte de sécurité, empiler et rajouter des professionnels (policiers, gendarmes et militaires) au risque de devenir un Etat policier permanent, et qui échappe totalement aux citoyens. La sécurité de la nation est, et doit rester en partie au moins une cause commune et collective, et non pas être complètement déléguée à des services ou pires, à des officines privées.

La conscription sous une forme adaptée, a de nouveaux enjeux, elle pourrait soutenir dans des taches indispensables, et utiles, mais secondaires, et peu exigeantes en terme de qualification, les forces de sécurité en place. Cette option, aurait l’avantage de ne pas faire du “secteur sécuritaire” uniquement un système de surveillance à outrance, et retrouver ce qui nous manque de plus en plus dans de nombreux domaines, la présence sur le terrain. Celle-ci reste, qu’on le veuille ou non, la meilleure garante du lien entre l’Etat et ses concitoyens.

Le président Chirac avait, à juste titre eu le courage de stopper un service national vieillissant, coûteux et inadapté aux nouveaux enjeux et paramètres. Il appartient peut-être à ses successeurs de redéfinir un vrai service, non plus militaire, mais civique, citoyen, et surtout concrètement utile pour la personne, en le confirmant et parfois en le réconciliant avec la collectivité.

Si les évènements tragiques de ces derniers mois pouvaient amenés a quelques réflexions nouvelles et positives, il ne faudrait pas les rater

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