Inculpé la veille par le Grand jury pour l’ensemble des sept chefs d’inculpation, Dominique Strauss-Kahn devrait être libéré ce vendredi. Une liberté sous hautes conditions puisqu’il sera sous le contrôle permanent d’une société de sécurité.

C’est par le biais du juge Michael J. Obus que la Cour suprême de New York a décidé de la libération conditionnelle de DSK. À l’issue de l’audience au cours de laquelle John McConnell, l’assistant du procureur du comté de New York, a annoncé la décision du Grand jury d’inculpé DSK, le juge Obus a accepté une libération assortie de nombreuses conditions. Cette libération repose en effet sur le versement d’une caution d’un million de dollars, assortie de garanties bancaires de cinq millions de dollars et d’un protocole de contrôle extrêmement restrictif mais voulu par les avocats de DSK pour obtenir sa libération.

DSK devra rester 24 heures sur 24 dans un appartement que son épouse Anne Sinclair à commencer à louer à Manhattan. Il portera un bracelet électronique et sera assujetti à une surveillance permanente par le biais de caméras et de gardes. Ce contrôle sera mis en œuvre par une société de sécurité privée payée par la défense. En outre, DSK devra remettre son « laissez-passer ONU », s’ajoutant au passeport qu’il a déjà remis aux autorités américaines lors de son arrestation. Enfin, il devra renoncer à toute possibilité de demander son extradition vers la France.

Comme pour le juge Melissa Jackson lundi dernier, la seule préoccupation du juge Obus a été d’obtenir les garanties sérieuses que DSK ne pourrait tenter de fuir. Sur ce point, l’ensemble des spécialistes en affaires judiciaires s’entendait pour dire que le protocole proposé par la défense de DSK est le plus restrictif qui soit.

De son côté, l’assistant du procureur du comté de New York a réitéré les arguments déjà présentés lundi dernier : face à des chefs d’inculpation très graves, DSK pourrait essayer de fuir, d’autant plus qu’il en a les moyens financiers et qu’il dispose d’un réseau international. Selon le bureau du procureur, DSK aurait déjà tenté de fuir en embarquant samedi soir à bord d’un avion Air France à destination de Paris.

L’autre nouvelle, c’est l’inculpation formelle de DSK après audition la veille de Nafissatou Diallo, la présumée victime et plaignante. Une procédure judiciaire s’annonce donc, soit sous la forme d’un procès si DSK plaide non coupable, soit sous la forme d’une négociation s’il plaide coupable et qu’une partie des chefs d’inculpation est levés. La prochaine comparution se déroulera le 6 juin. DSK devra alors annoncer s’il plaide ou non coupable des accusations.