Au milieu de la polémique qui entoure actuellement l’utilisation des opiacés en médecine, on retrouve le Kratom. Pour certains, cette plante reste une incontournable alternative naturelle aux opiacés. Pour d’autres, par contre, ses effets ne seraient pas sans danger.

Le kratom, est une herbe originaire du Sud-est de l’Asie. Elle fait partie de la traditionnelle pharmacopée de la région. Ces propriétés, n’ont pas échappé à tous ceux qui veulent se soulager de douleurs, mais aussi pour limiter les addictions aux opiacés. Son succès va grandissant depuis les années 90, et ses consommateurs assurent qu’elle est essentielle comme alternative naturelle aux opiacés, alors qu’elle est dans le viseur de plusieurs pays.

Jusque-là, rien de bien méchant, mais comme souvent, une fois sortie de son contexte traditionnel et culturel, les choses peuvent ne plus revêtir les mêmes avantages. Mal utilisées, les propriétés analgésiques, similaires à celles des opiacés inquiètent les autorités de plusieurs pays occidentaux. De même, que son utilisation détournée avec d’autres drogues, telles que les méthamphétamines ou des médicaments aux opioïdes.

Une enquête de l’Anses en cours

De fait, de nombreux pays de l’Asie du Sud-est, comme la Malaisie, la Birmanie et la Thaïlande l’ont interdit. En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), a lancé une enquête en janvier dernier sur le kratom pour évaluer sa dangerosité. Aux Etats-Unis, c’est plus compliqué, car il reste pour le moment légal dans 43 Etats et de nombreux désaccords existent entre des instances gouvernementales américaines.

Des études pas vraiment précises

A ce jour, il n’existe aucune certitude quant à la dangerosité du produit. Pour l’heure, aucune étude scientifique n’a été menée sur l’usage seul du kratom, pour évaluer sa balance bénéfice-risque et enfin, déterminer si oui ou non, il doit être utilisé à des fins thérapeutiques.

Nous en sommes plutôt à des constatations. La Food and Drug Administration (FDA), l’organisme régulant la commercialisation de médicaments aux Etats-Unis, s’appuie sur son étude publiée en 2016 mettant en cause le kratom dans le décès de 44 personnes. De son côté, l’institut national de lutte contre l’abus de drogues (Nida), tempère “Il y a eu de multiples études sur les morts de personnes ayant consommé du kratom, mais la plupart ont impliqué d’autres substances“.

Mobilisation des consommateurs

En fait, en voulant prévenir, la FDA n’a pas guéri, mais plutôt renchéri sur la polémique. L’agence de contrôle des drogues (DEA), a demandé de témoigner sur le kratom. Beaucoup de personnes y compris des vétérans, des scientifiques et des professionnels de la santé, ont alors soutenu l’emploi du Kratom. Sur fond de crise de l’opiacée qui a tué 400 000 personnes entre 1990 et 2017, les défenseurs du kratom assurent que celui-ci peut servir d’alternative naturelle aux antidouleurs, et aider à surmonter les addictions aux opiacés.

Crédit photo : Inspiration Youth