coree_du_nordSi cela peut paraître une idée étrange et pas forcément engageante, ce n’est pas le cas pour de nombreux touristes Chinois. Ils sont nombreux à se presser pour aller par exemple à Pyongyang, au pied de la “Tour de l’amitié”. C’est un des passages obligés du “tour-opérateur” emprunté par ses milliers de Chinois qui visitent un des pays les plus secrets de la planète.

Il est vrai, que le pays se rappelle à l’occasion que Mao Tsé-toung a envoyé des millions de soldats aider les troupes de Kim Il Sung, alors qu’en face, les Yankees du général Douglas MacArthur envahissaient la péninsule. Depuis ce temps-là, la Chine reste le principal soutien diplomatique du régime nord-Coréen. Cette forte activité touristique est tout de même assez récente d’un rapprochement entre les deux nations. Ce ne fut pas toujours le cas, car le dirigeant actuel nord-Coréen, Kim Jong Un, est allé en Chine seulement 6 ans après son entrée en fonction. Les choses évoluent et actuellement, les dirigeants se sont trouvés des intérêts et des ennemis communs.

Du coup, pour environ 2 500 yuans, l’équivalent de 320 euros, de nombreux Chinois participent à un séjour standard et bien calibré de trois jours. Ils arrivent par train à Pyongyang et visitent les hauts lieux de la capitale, de l’Arc de Triomphe à la place Kim Il Sung. Le lendemain, direction le sud, la zone démilitarisée, ligne de séparation de la péninsule en deux Etats depuis la fin de la guerre de Corée en 1953.

C’est apparemment un beau succès, à tel point que Pyongyang a imposé une limite au nombre des arrivées, les infrastructures touristiques ne pouvaient pas suivre un tel afflux. Il faut dire, que c’est un peu nouveau dans le pays. Simon Cockerell, directeur général de Koryo Tours, numéro un du marché pour les visiteurs occidentaux, évoque “une énorme augmentation du nombre de touristes chinois“. Il l’estime à 2 000 arrivées par jour avant que les autorités nord-Coréennes fixent une limite de 1 000 arrivées par jour.

Pékin gère et utilise la manne de touristes qu’il peut envoyer dans un pays au gré des évolutions diplomatiques. La masse de touristes peut être, très attrayantes pour l’économie d’une région ou d’un pays. Cependant, au bout de quelque temps, elle peut devenir indispensable et c’est alors qu’elle peut servir de levier dans des négociations. C’est dans cette optique que fut créé un statut appelé “Approved Destination Status “. Il permet aux autorités chinoises, en cas d’accord avec un gouvernement, de permettre aux tours-opérateurs d’organiser des voyages groupés dans ces pays. Lorsque l’on connaît le potentiel que le tourisme Chinois représente et si l’on considère que les voyages organisés ou semi-organisés représentent encore le moyen favori des Chinois pour voyager, on se rend bien compte de ce que cela représente.

Dans le cas de la Corée du Nord, qui reste sous le coup de multiples sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies, le tourisme ne fait pas partie des secteurs ciblés par l’ONU. Il pourrait permettre à Pékin de s’en servir comme monnaie d’échange et d’influence pour bien maîtriser son allié.

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