Découvrir de nouveaux plats, des nouvelles saveurs font partie des joies des voyages. Cependant, certaines coutumes culinaires sont plus difficiles à aborder que d’autres. Ainsi, manger des insectes est en général, un peu compliqué pour les Occidentaux. La tendance s’inverse et l’envie de certains d’aller un peu plus loin, fait qu’au Cambodge, manger des tarentules grillées est devenu, une expérience touristique locale. Du coup, entre la croissance de consommation et la déforestation générale, elles sont en voie de disparition dans le pays.

Les tarentules sont souvent cuisinées, trempées dans de l’ail et du sel, puis grillées à l’huile. Ces araignées sont désormais vendues près d’un euro pièce sur le marché de Skun, une petite ville située à 75 kilomètres de la capitale Phnom Penh. C’est la spécialité de la ville, qui est d’ailleurs surnommée “la ville des araignées”. Le prix, fait de la tarentule une spécialité réservée aux touristes, car c’est dix fois plus cher qu’il y a encore quelques années.

Outre, que les prix flambent traditionnellement quand le tourisme atteint fortement une région, les vendeurs mettent en avant la raréfaction de l’animal pour expliquer la flambée des prix. Les tarentules, que l’on retrouve aussi en Thaïlande et en Birmanie sont de plus en plus difficiles à dénicher dans les jungles avoisinantes des provinces de Kampong Thom et Preah Vihear. La tarentule, ne fait pas encore partie des espèces menacées au Cambodge, mais la déforestation massive qui touche le pays, détruit leur habitat naturel au même titre que bien d’autres animaux.

A ce sujet l’ONG Fauna & Flora International (FFI), tire la sonnette d’alarme “le Cambodge, est un des pays d’Asie du Sud-est doté de la plus grande biodiversité“, mais “la forêt a reculé de 20 % depuis 1990“. Le pays est en effet en plein développement, mais celui-ci se fait dans une relative anarchie. Les projets les plus fous, sont mis en œuvre sans beaucoup se soucier des conséquences environnementales.

Concernant la tarentule, elle est victime principalement du développement des plantations, notamment d’arbres à caoutchouc, de la coupe illégale de bois précieux, souvent exporté vers la Chine, mais aussi la construction de routes. A cela, il faut rajouter la non-règlementation de la chasse qui en Asie du sud-est, impacte très fortement la biodiversité.

En attendant, les vendeurs de Skun, proposent chaque jour des centaines de tarentules fraîches, entassées dans d’énormes sacs de jute, à ceux qui veulent en faire des potions de médecine traditionnelle ou les manger. Pour les amateurs, sachez qu’au Cambodge comme dans les pays environnants, d’autres insectes sont proposés à croquer. Bon appétit !

Crédit photo : phil le rebel