C’est une date importante pour les hindous. Des millions d’entre eux participent aux divers rassemblements, qui ont lieu de janvier à mars, dans le cadre du Kumbh Mela. Celui-ci, fait partie des plus grands festivals religieux au monde. D’ailleurs, le Kumbh Mela, a été classé au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco en 2017.

Il a commencé le 15 janvier par un bain à Allahabad. Ce lieu, a la particularité d’y voir la réunion du Gange et la Yamuna, ainsi que selon la foi hindoue, la rivière mythique Sarasvati. A partir de là, durant sept semaines, c’est-à-dire jusqu’au 4 mars se déroule six dates importantes de bains sacrés.

Ces cérémonies sont importantes, car elles sont censées apporter “une vie éternelle sans péché”. Les écrits religieux sacrés et de l’histoire mythologique indienne racontent que pendant une guerre, des demi-dieux et des démons se sont battus afin d’obtenir l’élixir de la vie éternelle, quelques gouttes de celui-ci sont tombées à quatre endroits. Ces endroits, sont les quatre villes qui accueillent tous les trois ans, en alternance le Kumbh Mela, à savoir Allahabad, Haridwar, Nashik et Ujjain.

Le Kumbh Mela, veut dire “foire de la cruche”, il revient dans chacun de ces lieux tous les douze ans. Néanmoins, Allahabad et Haridwar,, tiennent aussi des Kumbh Mela intermédiaires. Ce “Ardh Kumbh Mela” de 2019, survient donc six ans après le “maha Kumbh Mela” de 2013 à Allahabad, le plus grand du genre. Plus de 120 millions de personnes s’y étaient rendues dont 30 millions sur une seule journée.

Tout ceci prend des allures incroyables, pour l’occidental que nous sommes. Dès les premières lueurs du jour, on peut voir des milliers d’ermites nus à la peau enduite d’une couche grise de cendre, converger vers la confluence des fleuves. Partout, résonne le son des mantras, qui se mélangent aux bruits des éclaboussures et des sifflets qui gèrent tant bien que mal, le flot humain s’enfonçant vers les eaux fraîches.

Toute la journée, des millions de pèlerins ont fait la queue des heures durant pour réaliser leurs ablutions. Pour accueillir cette marée humaine, de grands campements ont été dressés. On y trouve aussi des restaurants et des marchés le long des routes qui traversent cette cité de tentes de 45 kilomètres carré. Des drones de la police surveille au-dessus de cette ville éphémère, pour assurer la sécurité et notamment éviter des mouvements de foule qui s’avéreraient meurtriers avec une telle densité humaine. Les autorités, ont déployé près de 30 000 membres des forces de l’ordre.

Si le succès est important, c’est en partie comme le pense Ganeshanand Bharamachari, 78 ans, un habitué du Kumbh Mela que “les gens, principalement des villes, deviennent de plus en plus religieux, car le mode de vie occidental qu’ils ont suivi ne les a menés nulle part”. Il faut aussi dire que le gouvernement hindou très nationaliste d’Uttar Pradesh, dirigé par un prêtre radical, a largement fait la promotion de cet événement, alors que l’Inde se prépare à voter aux élections législatives en avril-mai.

Crédit photo : Dennis Kater