La question est hélas cruellement d’actualité. La terrible série qui frappe la planète actuellement nous permet de remarquer que les noms de ce que l’on appelle ouragans, en Atlantique et dans le Pacifique nord-est, ou typhons et cyclones tropicaux dans le Pacifique nord-ouest, suivent l’alphabet. Harvey, Irma, Jose, Katia, chaque ouragan doit porter un nom débutant avec la lettre suivante de notre alphabet, et cette règle n’est pas la seule.

L’appellation des ouragans a bien évolué au cours de l’histoire. Au 18e siècle, les Espagnols catholiques qui dominaient la navigation, ont nommé les premiers ouragans avec le nom du saint patron du jour. Avec l’évolution des sciences et les analyses plus rigoureuses et systématiques du phénomène, il a été décidé d’appeler un ouragan simplement avec l’année à laquelle il se produisait, suivi d’une lettre.

On s’est aperçu que cela n’était pas aisé pour communiquer avec l’ensemble de la population. Donc, à partir de 1950, le Bureau météorologique américain a décidé d’attribuer des noms aux ouragans. Cependant, un univers particulièrement masculin de chercheurs a eu tendance à prendre uniquement des prénoms féminins, bien souvent ceux des épouses ou des petites amies des météorologues.

Vous imaginez bien, qu’associer une catastrophe naturelle uniquement à des femmes ne pouvait pas être longtemps toléré. Sous la poussée de féministes, depuis 1979, les ouragans peuvent aussi être nommés en référence à des prénoms masculins, en alternance avec les prénoms féminins.

Néanmoins, les noms ne viennent pas par hasard, ils sont classés par cycles et par zones. Pour la zone Atlantique-nord par exemple, il existe six listes de 21 prénoms. On attribue le premier prénom figurant sur cette liste au premier ouragan qui apparaît sur l’année, et ainsi de suite. Cependant, le nom d’un ouragan particulièrement destructeur n’est plus réutilisé.

Dans ces listes, on trouve des prénoms à consonances anglaises, françaises et espagnoles pour que tout le monde puisse nommer un ouragan, quel que soit son lieu de formation.

Cependant, le fait de prénommer les ouragans n’est pas une fantaisie pour les rendre plus sympathiques ou pour dédramatiser les choses. Cette mesure est avant tout utile et pratique. Pour recevoir un nom, une dépression doit être accompagnée de rafales de vent d’au moins 118 km/h. Elle sera alors distinguée des autres dépressions et aura un suivi spécifique. Le nom permettra justement de faciliter le travail des météorologues et des navigateurs et surtout de mieux communiquer avec la population.

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