Il est évident, que le principe du prélèvement à la source baissera mécaniquement le net à payer, et cela va apparaître clairement sur le bulletin de salaire des Français imposables. C’est pour cela, que le gouvernement veut en quelque sorte atténuer le choc psychologique de la vision d’un chiffre plus faible qu’avant. Pour cela, il demande aux entreprises un effort visuel, pour mettre en avant le gain lié à la suppression des cotisations salariales, et de grossir la ligne “net à payer avant impôts”.

Le résultat des courses, c’est qu’au lieu d’être simplifiée et plus concise, la fiche de paie comportera quelques lignes supplémentaires d’ici les prochains mois. Cela commence mal pour une réforme, qui vise à rendre plus simple la politique fiscale du gouvernement. En fait, la véritable révolution en matière fiscale que constitue en France, le prélèvement de l’impôt à la source fera mécaniquement baisser le net à payer sur la fiche de paie. Il va donc faire disparaître au niveau du total global, le gain pourtant bien réel lié à la suppression des cotisations salariales, qui est de 258 euros par an pour un smicard d’ici octobre.

Le gouvernement va donc mettre en oeuvre, ce que l’on appelle dans ces cas-là, des procédures dites de pédagogie. Il s’agit d’expliquer et surtout de mettre noir sur blanc pour ceux qui ne veulent pas, soit par flemme ou démagogie, faire trop d’efforts pour comprendre. Donc l’arrêté signé par les ministres, de la Santé Agnès Buzyn, du Travail Muriel Pénicaud, et des Comptes publics Gérald Darmanin, prévoit que les entreprises mentionnent clairement le gain obtenu par le salarié après la hausse de la CSG, et la suppression des cotisations salariales.

Concrètement, la mention “net à payer avant impôt sur le revenu” sera écrite en plus gros, car elle correspond au montant figurant aujourd’hui sur la fiche de paie. Le montant net à payer introduisant l’impôt sur le revenu prélevé, sera inscrit plus bas et plus discrètement sur la fiche de paie et correspondra au montant effectivement crédité sur le compte du salarié.

On répète, “toi gagner pareil qu’avant, mais toi payer impôt tout de suite avant que tu dépenses tout, car toi risque de plus en plus de gagner moins plus tard et moi avoir peur que tu puisses plus payer moi“.

Crédit photo : Stéphane DEMOLOMBE