Le président Sarkozy a installé mercredi 27 avril l’organisme qui aura la charge de conseiller les pouvoirs publics sur l’économie numérique. Cette initiative a été saluée, mais les conditions de sa mise en oeuvre posent des problèmes.

En « installant » ce mercredi 27 avril le tout nouveau Conseil national du numérique, instance qu’il a personnellement souhaité voir naître, et dont les dix-huit membres auront pour mission d’éclairer les pouvoirs publics sur les débats liés au numérique, Nicolas Sarkozy voulait redorer son blason auprès de « la communauté des utilisateurs et des entrepreneurs du Web ».

Après avoir souvent comparé Internet à une jungle sans foi ni loi, le président veut envoyer un message nettement plus agréable à un certain nombre de ses acteurs économiques. En période pré-électorale, il ne faut donc pas se tromper sur la signification de l’événement, même si on ne peut évidemment pas reprocher au chef de l’Etat de s’emparer des problématiques liées à l’essor exponentiel du Web et des technologies numériques, ni de vouloir s’entourer de groupes d’experts, commissions et autres conseils consultatifs.

Au-delà de cette désagréable impression, on notera quelques points problématiques concernant ce fameux Conseil du numérique. En effet, le conseil ne comprend quasiment que des « marchands » du Web (opérateurs ou patrons de sites de rencontres ou de forums) mais aucun membre de la société civile. Certains le surnomment déjà « Medef du Web ». L’idée d’une telle instance n’étant en elle-même contestée par personne. Puisque l’Etat a souhaité la mise en place d’un conseil consultatif, pourquoi ne pas être allé jusqu’au bout de la démarche en rendant compte, dans la composition de ses membres, de la diversité des avis, des expériences, des rapports aux multiples facettes du Web ? Avec donc des utilisateurs du Web, mais aussi des élus, des représentants d’associations, etc. ? C’était d’ailleurs l’esprit souhaité par Pierre Kosciusko-Morizet qui avait planché sur un rapport préparatoire contenant notamment des recommandations d’ouverture à la société civile.

Enfin, la parité est à revoir : sur 18 membres, 16 sont des hommes. C’est bien connu, Internet est un monde de geek et l’égalité des sexes n’a donc pas droit de cité.