Le pif du président s’est rallongé d’un petit centimètre – en direct live ! –  lors de son passage au JT de France 2, l’homme s’inventant un passif politique imaginaire dans le but de vilipender son adversaire socialiste. Retour sur le mensonge dans son action. Pujadas fait remarquer à Nicolas Sarkozy son double discours ; entre volonté prétendue de ne pas réduire son discours à une attaque systématique de François Hollande et le temps consacré à descendre ce dernier lors du premier meeting du candidat-président. Sarkozy se défend alors à nouveau de toute envie de s’en prendre au candidat P.S, avant de l’attaquer de manière détournée – tour de passe-passe – préférant qualifier l’attitude des socialistes dans sa globalité. L’attitude socialiste pêcherait ainsi, selon le candidat-président, d’un « manque de volontarisme politique ».

Cette déclaration s’appuyant sur l’abstention des députés P.S lors du vote portant sur le Mécanisme Européen de Stabilité (M.E.S), système sensé remplacer l’actuel Fonds Européen de Stabilité Monétaire. Sensiblement blessé par cette abstention – les présidents aussi ont un cœur, avec le lot d’émotion que cette disposition affective accompagne – Nicolas Sarkozy exprime alors à Pujadas son opinion : si les députés P.S n’ont pas participé au vote, c’est par esprit de contradiction politique ; « Même sur l’Europe ils ne s’engagent pas parce que c’est moi qui propose ! ». De son temps, Nicolas Sarkozy n’hésitait pas à participer aux votes concernant la question européenne, ajoute-t-il, avant de rappeler que lui n’avait pas hésité à voter en faveur de l’Acte unique et de la monnaie unique. Une petite vérification révèle que cette affirmation n’est que du vent politicard (le plus subtil de tous ! il s’infiltre facile jusque dans les ondes hertziennes !). En effet, notre président, à l’époque du vote pour l’Acte unique, n’était que maire – il n’appartenait donc pas à l’hémicycle et n’a donc pas pu voter à cette occasion. Concernant le traité de Maastricht, portant sur la monnaie unique, on accorde au candidat Sarkozy d’avoir pu y participer. En théorie, rien n’a pu l’en empêcher : il était bien député des Hauts-de-Seine lors de ce vote, en 1996. Le compte-rendu du vote prouve cependant qu’il s’était alors abstenu de voter !

L’opinion courante le soutien : ce n’est pas beau de jurer, ni même de mentir – surtout pour un président. Quelle éducation a bien pu recevoir Nicolas Sarkozy pour ignorer l’importance de ces fameux préceptes ?