En tout cas, cela devient un sujet épineux pour la compagnie aérienne Ryanair. Il faut dire que la société a un peu perdu de sa superbe et comme souvent dans l’adversité, chacun tire la couverture à soi. D’un côté, il y a le personnel qui mène un combat dans de nombreux pays pour défendre leurs conditions de travail. De l’autre côté, il y a les actionnaires qui craignent pour leurs investissements. Ils pourraient par contre s’accorder sur un point, limiter la rémunération des dirigeants du groupe.

Ce sont, les actionnaires qui mènent la charge cette semaine, et près d’un sur deux à voter contre la rémunération des dirigeants dont celle du patron Michael O’Leary. Ce plan de rémunération prévoit notamment, que le directeur général du groupe, pourrait d’ici cinq ans acheter 10 millions d’actions Ryanair. Cela permettrait à M. O’Leary de réaliser une jolie plus-value de 99 millions d’euros.

Inutile de dire, que c’est ce genre de chiffres qui a du mal à passer en période houleuse. C’est pour cela, que seulement 50,5 % des porteurs de titres se sont prononcés favorablement à cette politique de rémunération des hauts responsables de Ryanair.

Il faut dire, qu’elle contraste avec la situation tendue qui règne au sein de l’ensemble des salariés du groupe. En effet, Ryanair doit composer avec plusieurs mouvements sociaux en Europe. C’est tout d’abord des pilotes en grèves au Royaume-Uni, pour protester contre leurs conditions de travail et leurs salaires. Ce n’est pas tout, d’autres mouvements sont à prévoir par le personnel de cabine au Portugal, ainsi qu’en Espagne où les pilotes se joindront au mouvement. Des syndicats belges, ont eux aussi appelé à “une journée d’action européenne” au sein de la compagnie.

Tous ses salariés sont inquiets par les projets de fermeture de bases et des suppressions d’emplois. Ryanair, a annoncé son intention de supprimer 900 emplois sur ses quelque 13 000 salariés. Le groupe entend fermer des bases cet hiver et à l’été 2020 à cause des reports de livraison du Boeing 737 MAX, dont la flotte est clouée au sol après deux accidents.

Du coup, l’action de Ryanair à la Bourse de Dublin, subissait quelques “trous d’air”. Tout cela dans une période difficile, car en plus des conflits sociaux, la société doit maintenant composer en Europe avec une vive concurrence entre compagnies “low-cost”.

Le mot d’ordre dans la société est donc devenu “dialogue”. Il est vrai, que l’on ne discute pas de la même manière avec les actionnaires et avec le personnel. Un porte-parole explique, “Ryanair discute avec ses actionnaires et entend continuer de le faire, et les informera au cours de l’année qui vient de la manière dont le conseil d’administration tiendra compte de leur conseil et apport sur l’ensemble”.

Crédit photo : kevin hackert