Robert Ménard_photo de philippe leroyerRobert Ménard, le maire de Béziers proche du Front national, a annoncé mardi, la création d’une “garde biterroise”, faite de bénévoles qui patrouilleront dans les rues pendant la durée de l’état d’urgence. L’appel aux volontaires est lancé en direction d’anciens policiers, gendarmes ou pompiers. Tous seront placés sous le statut de collaborateurs occasionnels du service public.

On ne peut pas reprocher à Robert Ménard, son manque d’initiative. Cette fois, il propose de former “une garde biterroise” pour patrouiller, à pied dans les rues de la ville. Cette garde sera non armée, mais sera en contact radio avec le PC de la police municipale de Béziers. Les candidats seront sélectionnés après un entretien individuel avec l’adjoint à la sécurité de la ville et le directeur de la police municipale. La garde sera chargée de signaler tout acte suspect, et a vocation à exister tant que l’état d’urgence sera maintenu. “Comme partout ailleurs, il y a une demande de sécurité, les gens ont peur, ils sont angoissés, ils ont besoin de gens en uniforme“, a assuré le maire.

Bien sûr, cette annonce a suscité des réactions, et en premier lieu, celle du préfet de l’Hérault qui rappelle dans un communiqué que “les missions de sécurité publique assurées par les maires sont encadrées par des dispositions législatives et réglementaires, qui prévoient que les personnels intervenant doivent être des fonctionnaires territoriaux agréés par le représentant de l’État et le procureur de la République”.
Il regrette aussi que la décision “n’a fait l’objet d’aucune concertation préalable avec les services de l’État, ni de délibération du conseil municipal de la ville”.

Réaction aussi de la Police, le délégué régional du syndicat SGP Unité police Bruno Bartocetti souligne, “il est inquiétant de mettre une tenue sur des bénévoles. Cela prouve à mon sens que Robert Ménard n’a pas assez d’hommes sur le terrain, alors qu’il s’est glorifié de l’efficacité de sa police”.

Encore une fois, Robert Ménard défraie la chronique, il a été à l’origine de plusieurs polémiques, notamment pour avoir annoncé le pourcentage d’élèves de confession musulmane dans les écoles publiques de sa ville, instauré un couvre-feu dans certains quartiers pour les mineurs de moins de 13 ans non accompagnés, organisé une campagne d’affichage qui présente un énorme pistolet comme le “nouvel ami” de la police municipale. Dernièrement, il a demandé aux dirigeants des mosquées de sa ville de signer une “charte” en six points, leur demandant notamment de ne prêcher qu’en langue française.

Crédit photo : philippe leroyer