Aux États-Unis, l’outrancier polémiste Glenn Beck n’a pas fait long feu : il a été écarté par Fox News pour avoir tenu des propos racistes. Mais en France, l’hystérie réactionnaire d’Eric Zemmour ou de Robert Ménard peut librement saturer l’espace médiatique au nom de la liberté d’expression,

Si l’on se fie à Fox News, Eric Zemmour et Robert Ménard n’auront bientôt nulle part où s’exprimer. La chaîne d’info américaine a viré début avril l’un de ses animateurs les plus véhéments, Glenn Beck, dont les débordements (racisme, obamaphobie, etc.) ont fini par faire fuir les annonceurs comme les spectateurs.

Comparaison troublante : alors que la chaîne phare des idéologues ultraconservateurs (Bill O’Reilly, Sarah Palin) semble vouloir calmer le jeu, les médias français, eux, persistent à leur ouvrir l’antenne en fermant les yeux sur les dérapages. Condamné en février pour provocation à la haine raciale, Eric Zemmour jouit toujours d’une confortable impunité cathodique. Idem pour Robert Ménard, ancien meilleur défenseur des journalistes, devenu leur pire incarnation, multipliant sur RTL ou i>télé les propos de comptoir (anti-homos, anti-minarets, pro-peine de mort).

Décidément sans frontières, le chroniqueur publie cette semaine, le 21 avril, unVive Le Pen ! au nom de la liberté d’expression. Ses employeurs l’ont convoqué, sans évoquer de sanction, l’ayant justement recruté pour ce qu’on lui reproche : assurer le buzz, la polémique, caresser le téléspectateur dans le sens des tripes. Jusqu’ici, cette radicalité, déguisée sous l’étiquette bien commode de « politiquement incorrect », semble être payante en audience. Aux Etats-Unis, visiblement, ce n’est plus le cas. Pourvu que les Français suivent l’exemple.