Les relations entre le bouillant maire de Béziers, Robert Ménard, et le journal historique de la région “Le Midi Libre”, sont depuis longtemps particulièrement tendues. Elles sont encore montées d’un cran, après la campagne d’affichage municipale lancée par Robert Ménard, qui met en cause  l’indépendance de la rédaction du journal. Celle-ci a fait connaitre “sa colère”.

À qui appartient Midi Libre ? À Jean-Michel Baylet, ministre des collectivités territoriales“, ce slogan, les habitants de la ville de Béziers l’ont vu apparaître sur les murs de leur ville, par le biais d’une campagne d’affichage financée par la ville de Béziers. La question en elle-même peut se justifier, car le ministre des Collectivités territoriales, Jean-Michel Baylet était jusqu’en février dernier PDG du groupe La Dépêche, dont dépend le Midi Libre. C’est désormais Marie-France Marchand-Baylet, son ex-épouse, qui en a la direction.

Cependant, on peut se demander si l’utilisation des moyens de communication de la ville pour alimenter une polémique politicienne plutôt loin des priorités quotidiennes est bien justifiée. Elle s’éloigne de sa destination première qui est l’information, la prévention, l’aide et les actions qui se passent dans la cité. Ce n’est d’ailleurs pas une première, car le maire d’extrême-droite avait déjà utilisé ce même procédé en avril 2015 à l’encontre de Ginette Moulin, propriétaire du groupe Galerie Lafayette, qui avait annoncé la fermeture du magasin installé sur les Allées Paul Riquet.

La Société des journalistes de Midi Libre, voit dans cette campagne une réaction après la non-parution du discours prononcé par Robert Ménard après l’attentat du 14 juillet à Nice dans les colonnes du journal. Ceci a été perçu comme une censure par la mairie de Béziers.

Les journalistes du quotidien, précisent que la rédaction est seule responsable de ses priorités rédactionnelles, et ajoutent, que “le petit caprice de M. le maire de Béziers paraît bien dérisoire face à la gravité du drame qui a frappé Nice et la République le jour de la fête nationale“. Tout cela leur apparaît comme un symbole du “narcissisme et le nombrilisme” de l’ancien président de Reporters sans frontières.

La question est, est-ce-qu’un contentieux limité entre un journal et le maire d’une ville ne prend pas trop de place, d’une part, dans une rédaction de journal, et d’autre part, plus grave dans les affaires d’une ville ?

Crédit photo : david Soles