Le Groupe Intergouvernemental des Experts sur le Climat (GIEC), a rendu son rapport. Disons-le tout net, il est très pessimiste. Il ne laisse guère de suspens si les choses ne bougent pas rapidement et en profondeur. Le GIEC, n’a pas pour vocation de prendre des décisions, il se contente habituellement de donner l’état des connaissances scientifiques sur le réchauffement climatique. C’est maintenant aux décideurs politiques, sous le regard et peut-être la pression de l’opinion publique, de mesurer l’urgence et les priorités.

Le tableau des conséquences de la situation actuelle, va de la classique hausse du niveau des océans, à la baisse des rendements de denrées de base, telles que le blé, le maïs et le riz dans plusieurs régions du globe. On peut rajouter, un manque cruel d’eau disponible, des extinctions de races d’animaux, la disparition de végétaux et bien d’autres. Du coup, le GIEC vise la neutralité carbone en 2050. Il s’agit, d’un point d’équilibre à partir duquel le monde génère moins d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, que la Terre est capable d’en retirer.

Si l’enjeu, à savoir la vie sur la planète apparaît suffisamment considérable pour imaginer une prise en compte internationale forte et rapide, les décisions à prendre sont radicales et refroidissent hélas, encore bien des ardeurs.

La première idée, serait d’accroître les capacités de la Terre à capter et à stocker du carbone. Cela correspond à défendre, voire à accroître les puits de carbone naturel que sont nos océans, nos forêts, nos prairies. “On estime qu’ils absorbent aujourd’hui 50 % du CO2 émit chaque année dans le monde”, explique Roland Séférian climatologue et coauteur de l’un des chapitres du dernier rapport du GIEC. Cela sous-entend par exemple, de changer nos pratiques agricoles, préserver les forêts, lutter contre l’urbanisation de nos littoraux et lutter contre bien d’autres mauvaises habitudes, qui rapportent de l’argent à certains.

Cela juste pour maintenir la situation actuelle, qui n’est pourtant pas suffisante. L’idée serait donc de créer des puits de carbone artificiel, mais il faut bien avouer, que certaines hypothèses apparaissent encore loin du compte pour réellement devenir une alternative crédible à ce jour.

Il faut donc se résoudre à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre, bien avant 2050. Le GIEC, fixe comme objectif, de baisser nos émissions mondiales de CO2 de 45 % d’ici 2030. Cela passe, par n’avoir aucune combustion d’énergies fossiles en 2050 dans les secteurs des transports, du bâtiment, de l’industrie et de l’énergie. C’est-à-dire, plus aucun litre de pétrole dans nos voitures et nos camions, plus de bâtiments chauffés au fuel, plus de centrales à charbon.

L’objectif n’est pas irréalisable techniquement, cependant, il va se heurter à une muraille bien plus difficile à franchir, celui des mentalités, des egos, des petits intérêts financiers des particuliers et des gros intérêts politiques des pays. En gros, il va se heurter à ce que l’on appelle l’égoïsme, il va falloir certainement attendre qu’une grande majorité soit concrètement touchée dans sa vie quotidienne pour que les choses changent.

Crédit photo : Terra Nova