Après plus de trois mois d’existence, le printemps érable, un mouvement initialement lancé pour protester contre l’augmentation des frais de scolarité, a pris une tournure différente. Depuis le 18 mai  et la promulgation de la loi 78, qui limite le droit de manifestation, le printemps érable est devenu un mouvement plus global, pour la liberté de manifester et contre la corruption de la classe politique.

En raison de l’application de la loi 78 par les forces de l’ordre, depuis plusieurs jours les manifestations nocturnes des étudiants tournent en affrontement avec la police et les arrestations se multiplient : 400 au cours de la nuit de mercredi à jeudi.

Si l’opinion canadienne est dans son ensemble très opposée à un mouvement qui a également des connotation nationalistes (les frais de scolarité au Québec sont les moins chers du Canada, et les autres provinces ont le sentiment de payer pour la Belle Province), au Québec l’opinion est extrêmement divisée. 51% des québécois estime que la hausse des frais de scolarité est nécessaire pour financer le système éducatif, mais 53% des gens pensent que la loi 78 « est beaucoup trop sévère ».

Alors que le mouvement pacifiste vire à l’affrontement urbain au quotidien, les étudiants doivent-ils continuer leur mouvement ?