Petit à petit, l’idée de mieux prescrire, plus finement et sans avoir recours systématiquement à une cohorte d’antibiotique fait son chemin dans les pratiques médicales. Aux Etats-Unis, un rapport met en avant le développement d’un nouvel outil permettant d’obtenir ces résultats en quelques minutes au lieu de quelques jours. Cela permettrait la fin de la terrible habitude de nombreux médecins, qui prescrivent de puissants antibiotiques en attendant les résultats bactériologiques du laboratoire, avec comme commentaire, “en attendant, on ne sait jamais“. 

Nous savons, que l’on ne peut plus dire automatiquement l’autre partie de la phrase qui est “si cela ne fait pas de bien, cela ne fera pas de mal“. Il est acquis, que prendre des antibiotiques n’est pas innocent et en prendre trop peut s’avérer néfaste. Pour éviter l’utilisation de médicaments inutiles, le département d’ingénierie biomédicale de l’Université Park (Pennsylvanie, Etats-Unis), a indiqué dans un rapport, avoir réussi à mettre au point un système, qui sera en mesure de détecter des bactéries dans les prélèvements d’un patient en quelques minutes. Une donnée, qui change la donne lorsque l’on sait qu’il faut aujourd’hui attendre les résultats du laboratoire 2 à 5 jours.

La technique repose sur l’analyse d’une cellule individuelle. Pour cela, elle utilise les micros-fluides, dont les canaux d’écoulement mesurent quelques dizaines de micromètres. Grâce à cette méthode, on parvient à isoler des cellules bactériennes individuelles, afin qu’elles puissent être observées grâce à un microscope électronique. La bactérie est alors catégorisée en fonction de sa forme (sphérique, en tige ou en spirale) et de sa taille. Il est ensuite possible de la classifier rapidement et connaître son profil de résistance aux antibiotiques.

Tout ceci en 30 minutes, au lieu des quelques jours qui fait office actuellement. Les conséquences sont importantes, car cela va éviter une partie de la sur-prescription pratiquée trop souvent. Le professeur d’ingénierie biomédicale et mécanique donne un exemple “les infections urinaires sont les infections bactériennes les plus communes et malgré tout, plus de 75 % des échantillons d’urine envoyés à un laboratoire de microbiologie clinique sont négatifs. En infirmant ou confirmant rapidement la présence de bactéries à des concentrations cliniques pertinentes, améliorera considérablement les soins aux patients“.

En attendant, l’équipe a déposé un dossier pour un brevet provisoire. À terme, elle souhaite que leur outil puisse être fabriqué d’une façon économique à l’échelle de production pour qu’il soit utilisé par de nombreux centres médicaux comme les hôpitaux, les pharmacies ou les cabinets médicaux. Elle est soutenue par l’agence du Département de la Défense des États-Unis (DTRA) et les Instituts américains de la santé (NIH).

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