C’est un vrai paradoxe, que les Français ressentent au quotidien. De nombreux indicateurs semblent démontrer, que globalement la situation économique de la France s’améliore. Certes, ce n’est pas l’euphorie, mais par exemple, selon l’Insee, le pouvoir d’achat a augmenté de 2,1 % en 2019. Pourtant, il n’y a pas grand monde pour le ressentir. C’est même pire, car en fait, les Français n’y croient pas. C’est du moins ce que révèle l’observatoire Cetelem de la consommation.
Plus précisément, ce sont 48 % des Français qui sont certains de devoir faire plus attention. C’est eux qui font plus d’effort pour joindre les 2 bouts, car ils estiment, qu’ils doivent plus se serrer la ceinture. Ils ne semblent pas ressentir les effets de certaines mesures prises, comme la suppression progressive de la taxe d’habitation par exemple. En comparaison, en Europe ce taux avoisine les 30 %.
On pourrait imaginer une erreur dans les statistiques, ou une vraie mauvaise foi caractérisée de la part de nos compatriotes. La réalité est certainement bien plus nuancée. Tout d’abord, ce sentiment est accentué par la part des dépenses de bases et inévitables. C’est le cas, de la part des revenus consacrés au logement, qui continue d’augmenter. Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire Cetelem de la consommation, confirme “que ce soit pour l’accès à la propriété ou pour les loyers, l’immobilier a beaucoup augmenté dans les grandes villes, à un niveau qu’on peut qualifier d’historique, ce qui n’est pas vrai partout en Europe“. Parmi ces dépenses inévitables, on retrouve aussi, celles relatives à la santé, qui augmentent avec le vieillissement de la population.
A partir de là, il y a de nouvelles dépenses régulières qui s’accumulent. Parmi elles, on retrouve tous les abonnements. Cela va des abonnements téléphoniques ou télé, et qui débordent le plus souvent vers les différentes plateformes de streaming. Il faut maintenant leur faire une place de plus en plus importante pour les caser dans le budget. Cela sous-entend de rogner quelque part et donc d’éliminer d’autres plaisirs.

Ensuite, il y a quelques spécificités françaises. Par exemple, l’épargne que les Français s’évertuent à maintenir alors que les taux très bas devraient les amener à utiliser leur argent autrement. Ce phénomène n’est pas innocent, il marque une grande défiance envers l’avenir. La vision actuelle n’est pas vécue sereinement et suivant les seuls critères du moment.

Pour les Français, ça va mal et si ça va mieux, ça ne va pas durer.

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