Les terrasses chauffées, constituent l’enjeu d’un vrai débat représentatif du défi que posent la transition écologique et la sauvegarde environnementale. Celle-ci, est souhaitée par tous, mais quand l’économique se mêle à la discussion, les choses deviennent plus complexes. D’un côté, ces terrasses sont lamentables sur l’aspect bilan énergétique, et d’un autre côté, elles représentent jusqu’à 30 % du chiffre d’affaires dans l’hôtellerie et la restauration.

L’enjeu de ces terrasses chauffées, n’est donc pas anodin pour de nombreuses professions. A la base, c’est ce que l’on appelle un effet collatéral de la loi Evin. Cette loi de 1991, interdit le tabac dans les locaux à usage collectif et les transports. En 2006, cette même loi impose l’interdiction totale de fumer dans tous les lieux publics. Du coup, de nombreux consommateurs sortent pour s’en griller une. Afin de ne pas perdre cette clientèle et maintenir le lien avec l’établissement, la terrasse se transforme de plus en plus, en extension de la salle des cafés. Parmi les aménagements, on retrouve notamment des dispositifs de chauffage, comme les réglettes électriques ou poêles à gaz en acier.

Evidemment, chauffer l’extérieur s’avère particulièrement dévoreur d’Energie et les écologistes de tous bords font pression pour stopper cette extension. La ville de Rennes, vient de passer le cap dans cette direction. Elle vient de décider de ne plus autoriser les terrasses chauffées des bars et restaurants. C’est peut-être le début d’une longue série, car d’autres métropoles sont en pleine réflexion.

Comme on peut l’imaginer, les élus écologistes et les associations du même bord, sont ravis et espèrent une extension rapide de cette prise de position. En revanche, du côté des responsables de certains commerces, c’est la soupe à la grimace et on regrette une baisse de l’activité. De ce fait, plus on monte dans le nord, et plus les décisions sont surveillées de près. A Lille par exemple, Jacques Richir, maire adjoint explique, « une trentaine d’établissements ont des terrasses chauffées importantes, ils ont bâti leur équilibre économique sur ces terrasses ».

Une bonne vieille opposition classique entre intérêt économique et intérêt écologiste, il faudra s’y faire. Cela dit, chacun peut participer et agir au lieu de critiquer, il suffit soit de ne pas fréquenter les bars où il y a une terrasse chauffée, et de fait celle-ci ne servira plus. Mieux, fréquenter l’intérieur du bar et pas la terrasse, attendre un peu pour fumer et privilégier la discussion entre amis.

Moins fumer, c’est mieux pour la santé, discuter plus, c’est bon pour la convivialité.

Crédit photo : Jean-Pierre WIART