C’est via son compte twitter que François-Xavier Bourmaud, journaliste politique, a fait passer un sentiment de ras-le-bol partagé par plusieurs de ses collègues du Figaro, à l’occasion d’un post discret : « La société des journalistes du Figaro a adopté la Motion suivante ». Les internautes peuvent lire cette « Motion », prise en photo numérique et mise en ligne sur twitter.

Dans un style proche d’une lettre adressée au directeur de rédaction, qui s’y voit – respectueusement – pris à parti, on apprend l’origine de ce texte, écrit suite à une assemblée générale réunissant les journalistes du quotidien. Rédigé anonymement,  ce texte marque le consentement collectif de la rédaction, alignée suivant le même désir de contester la ligne éditoriale de leur journal. L’inclinaison du Figaro, penchant du côté droit de la balance politique, ne date certes pas d’hier. Il semblerait cependant qu’à l’approche des élections présidentielles, la partialité du Figaro devienne un poids pour ceux qu’elle emploie à la rédaction d’articles. En témoigne un extrait de cette interpellation écrite : « Depuis plusieurs mois, les motifs d’interrogation se sont accumulés pour la rédaction, ainsi que les manchettes à sens unique suscitant l’ironie des revues de presse ». Véritable question de déontologie pour ladite rédaction, rappelant sa hiérarchie en ces termes : « Le Figaro, journal d’opinion, n’est pas le bulletin d’un parti, d’un gouvernement, ou d’un président de la République ».

En vente dès demain dans les kiosques, la couverture du Figaro présentera un entretien exclusif avec Nicolas Sarkozy en tant que une de son hebdomadaire. A l’heure où les rumeurs se multiplient au sujet de l’imminence de la déclaration du président au sujet de sa présentation aux élections présidentielles, doit-on applaudir un bon coup de com’ pour la pré-campagne de Sarkozy ?