Fin 2003, Ikea entre en collaboration avec la société de renseignement privée Sûreté international, dans le but d’obtenir des informations concernant ses employés.Opérant depuis la consultation d’un énorme fichier de police intitulé « Stic », contenant plusieurs dizaines de millions de noms civils, la société, moyennant 80 euros par consultation, décelait les fiches d’employés suspects. L’aide de policiers complices, et probablement corrompus, aurait permis à la société d’accéder à ce dossier réservé aux services de police.

La publication de courriels échangés entre Jean-François Paris, directeur de la gestion du risque chez Ikea France, et le responsable de Sûreté International, Yann Messian, donne lieu à des demandes de consultation pour des motifs de soupçon pur et simple : « Bonjour Monsieur Foures . Personne en embauche sur le magasin de Paris Nord. Merci de me donner son casier. Sincères salutations. JF Paris ». D’autres mails échangés dénotent  également une certaine paranoïa du directeur de gestion du risque, prenant manifestement son travail très à cœur. Au sujet d’un employé promis à se retrouver sous surveillance : « Son discours est antimondialiste […] Risque de menace ecoterroriste ? ».

Aussi la simple présence d’une voiture garée sur le terrain d’un futur dépôt d’Ikea donne-t-elle lieu à l’obsédante question de « JF Paris » : « Cette personne [le propriétaire de la Golf suspecte] est-elle connue des services ? ». En 2007, une cliente mécontente s’engage dans un litige commercial avec un magasin Ikea situé à Morlaix, rebelote : « Cette personne est-elle connue des services ? ».

A quand la présence d’agents vêtus de cuir dans nos chaumières, hurlant à notre adresse de leur impitoyable accent suédois pour nous indiquer comment monter efficacement notre nouvelle étagère Ikea ?