laurent-grandguillaume_photo-de-laurent-grandguillaumeActuellement, on ne parle que de candidatures, de courses au parrainage, mais aussi de créations de mouvements, de micro-partis. Au milieu de cette débauche d’appétit politique de tous bords, le député PS de Côte-d’Or, jugé comme l’un des plus prometteurs de sa génération, a annoncé lundi qu’il ne se représenterait pas en 2017, et qu’il quittait la politique pour “une autre forme d’engagement”.

 Il s’appelle Laurent Grandguillaume, et il vient de publier sur son blog les raisons de son retrait de la vie politique, en faveur d’autres engagements citoyens. Il a intitulé sa déclaration « du non-cumul des mandats dans le temps à de nouvelles actions citoyennes, pourquoi j’ai pris la décision de m’engager autrement ».

 Il va bien sûr, terminer son mandat de député PS de Côte-d’Or, mais il ne se représentera pas aux élections législatives de juin 2017. Pourtant, le jeune homme de 38 ans partait largement favori dans sa circonscription l’année prochaine au cas où il se serait représenté. Ce n’est pas vraiment une conception nouvelle pour Laurent Grandguillaume, qui dans le passé avait refusé de cumuler son mandat national avec une responsabilité locale. Il mettait alors en pratique sa devise du non-cumul des mandats.

 Il explique sa vision générale de la politique, « je crois qu’il est grand temps de changer l’engagement politique par la preuve, se justifie-t-il. Il doit en effet être conçu comme un engagement au service de l’intérêt général et non plus comme un métier. Faut-il attendre le changement des règles ou s’imposer les règles du changement ? ».

 Son attitude, évidemment déplaît à tous ceux, qui pensent que l’on n’abandonne pas le navire même si ça tangue dangereusement, et que l’on doit mettre ses compétences au service de son camp. Il s’est ainsi brouillé avec François Rebsamen, son ancien mentor, qui avait peu apprécié son refus de s’engager.

Il est vrai, que cela peut paraître dommage d’arrêter alors que Laurent Grandguillaume s’était fait remarquer positivement en trouvant une sortie de crise dans le conflit qui opposait, les autoentrepreneurs à la ministre de l’Artisanat Sylvia Pinel, qui voulaient réformer leur statut. C’est lui qui va faire voter au printemps à l’unanimité sa proposition de loi « territoires zéro chômage longue durée », développée avec l’association ATD Quart-Monde, qui permet d’expérimenter, dans quelques zones sélectionnées en novembre prochain, un programme d’insertion original pour chômeurs de longue durée.

Cependant, la foi n’est plus là, il ne peut que constater que « les polémiques inutiles et le manque d’unité nationale dans le combat contre le terrorisme qui est une des plus grandes épreuves de l’histoire récente de notre Nation ». Il regrette l’étroitesse de vue de la classe politique, souvent plus occupée par les petites combines personnelles, que par l’intérêt général. “La politique est parfois devenue le théâtre d’affrontements des apparences, il devrait redevenir l’espace de construction de ce qui nous est commun”.

Rien donc de bien nouveau dans ce constat, et beaucoup n’y verront surtout que de la faiblesse. Le jeune homme a peut-être le talent, mais pas la carrure pour aller plus loin. La politique est un monde difficile, on le sait bien. Comme toute activité humaine, on y trouve le bon et le moins bon, et il faut faire avec. Cependant, elle se borne peut-être actuellement un peu trop à faire plaisir, et non à convaincre. Les grands idéaux, jugés trop utopistes et irréalisables ont fait place à un pragmatisme mou, médiocre, voir racoleur qui à son tour montre ses limites d’efficacité.

 Laurent Grandguillaume nous rappelle pour sa part « qu’être citoyen » et donc s’occuper de la vie de la cité ne passe pas exclusivement par un engagement politique.

Crédit photo : Laurent Grandguillaume