poecoEntre les visites à Berlin et les discours au parlement, le gouvernement de Manuel Valls tente de mettre de la cohérence dans la conduite de sa politique économique. Des efforts que certains estiment « salutaires », à l’instar du de l’homme d’affaires français Christophe Mazurier, mais que le commissaire européen aux affaires économiques et budgétaires Jyrki Katainen juge « insuffisants ». Une situation délicate pour le ministre des Finances Michel Sapin, forcé de présenter des précisions…

Le temps d’une interview au Nouvel Observateur, le Premier Ministre Manuel Valls voulait en finir avec « la gauche passéiste ». Une formule qui n’a pas manqué d’alimenter la controverse comme le soulignait d’ailleurs le président de la République François Hollande lors de la remise de la Grand-Croix de l’ordre du mérite. En réponse à ces critiques, l’ancien ministre Benoit Hamon n’arrête pas de revendiquer  sa cohérence  sur le plateau de BFM Politique sans toutefois être en mesure d’apporter de” vraies réponses pragmatiques“, dixit sa contradictrice Valérie Pécresse…

Le camarade de Martine Aubry n’arrivait effectivement pas à assumer la nécessité des économies budgétaires ; à chaque réduction des dépenses correspondait une réaffectation des montants pour de nouvelles missions de service public. Une attitude qui ne fait que révéler l’ambiguïté du programme de campagne socialiste, dont peine également à se défaire le couple exécutif. Evoquant le virage entamé début 2014, le banquier et homme d’affaire Christophe Mazurier résume ce changement en ces termes: « Une orientation en tout cas salutaire même si l’on se demande bien où le gouvernement va aller pêcher les 50 milliards du pacte de responsabilité ».

Des doutes que semblait également partager le commissaire européen aux affaires économiques et budgétaires Jyrki Katainen. Dans le courrier un temps secret qu’il a adressé au chef de l’Etat, le Vice-Président de la commission constatait ainsi que « tout porte à croire que le projet de budget pour 2015 prévoit de manquer aux obligations budgétaires qui découlent des recommandations du Conseil, sous la procédure de déficit public excessif ». Des interrogations bien légitimes lorsqu’on se rappelle que la France n’a pas été en mesure de présenter un budget à l’équilibre depuis près de quarante ans !

C’est donc sans polémiquer que le ministre des Finances Michel Sapin a tenu à lui apporter des « précisions » et à présenter des « mesures nouvelles ». Au total, c’est près de 3,6 milliards d’économies budgétaires supplémentaires que le locataire de Bercy va devoir faire afin que Bruxelles puisse  apprécier l’effort structurel réalisé par la France d’ici 2015. Si ces solutions permettent à Michel Sapin de partager l’optimisme de son collègue Emmanuel Macron sur le budget français, il n’est pas sûr que les parlementaires socialistes réservent le même accueil aux nouvelles mesures…