C’est une véritable invasion, trois semaines après son lancement, c’est donc environ 30 millions de personnes qui chassent désormais des Pokémon dans les rues à l’aide de leur smartphone. Cependant, certains ne voient pas les choses d’un bon œil et cette invasion ne fait pas l’unanimité. Déjà dans votre quartier, le vieux monsieur en a marre de ces excités qui se croient tout permis sous prétexte de…, du chauffeur de taxi qui se plaint qu’ils déboulent sans regarder autour d’eux, et du philosophe du troisième étage qui dénonce encore une fois la futilité de la jeunesse…

 Au niveau mondial, suivant le cas, et les autorités politiques ou religieuses, qui dénoncent ce mouvement, la chasse aux Pokémon, relève d’une fatwa, de rappel à l’ordre ou de dénonciation d’un complot quelconque venant de la CIA ou autres. Dans les pays arabes, toujours prompts à relever les signes d’une déliquescence du monde occidental à travers ses incessantes turpitudes, les autorités religieuses en Arabie Saoudite, apparaissent comme particulièrement remontées. Elles ont ressorti une fatwa contre Pokémon datant de 2001. Donc, le jeu s’avère “contraire à l’islam, car il aurait pour objectif de posséder l’esprit des enfants et ferait la promotion du sionisme et des jeux d’argent”, rapporte la chaîne panarabe. Cependant, les réactions, même chez de nombreux musulmans, restent perplexes face à cette fatwa.

L’Egypte pour sa part, s’inquiète plutôt pour sa sécurité intérieure. Un responsable politique, Ahmed Badawi, a proposé d’installer des brouilleurs d’ondes Wi-Fi et de mobiles près des bâtiments publics “afin que personne ne filme ces lieux sensibles en prétendant jouer à Pokémon Go. Un autre responsable, Hamdi Bakheet, membre du comité de la défense et de la sécurité nationale égyptienne pense que Pokémon Go est le dernier outil en date des agences d’espionnage dans la guerre du renseignement. Ils rejoignent en cette analyse, certains sites russes, qui voient eux aussi les services secrets américains derrière Pokémon Go.

 Après, on peut aussi citer en vrac, l’Indonésie qui a arrêté un Français qui cherchait des Pokémon dans une zone militaire, cela a renforcé les craintes que fait peser le jeu « sur la sécurité nationale ». Dans la même veine, le gouvernement israélien, qui s’est senti obligé d’interdire à ses soldats de jouer à Pokémon Go sur les bases militaires par crainte de fuites d’informations. Une association bosnienne de déminage, Posavina bez mina, s’est vu obliger de conseiller aux joueurs de ne pas se balader trop près des champs de mines du pays. 


Reste le Japon, pays d’origine des Pokémon, on ne peut pas encore utiliser l’application, la crainte se focalise sur un succès tel qu’il risque de faire exploser les serveurs. “L’excitation autour du lancement du jeu a atteint un tel pic que les autorités administratives et les dirigeants d’entreprises mettent en garde les joueurs potentiels contre les accidents, avant même la sortie”, peut-on lire dans The Japan Times. La sortie du jeu sur l’archipel est prévue dans la semaine.

 D’ailleurs, à quoi bon cet article, il est à parier que vous êtes, vous aussi, déjà à la chasse aux Pokémon…
Crédit photo : Jesse Zhou