Cela apparaît nettement comme une fin de match pour Michel Platini. Il vient de démissionner de son poste de Président de l’Union européenne de football (UEFA). Cette démission fait suite à la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS), qui a condamné ce lundi, le président de l’UEFA à quatre ans de suspension au lieu des six que la Fédération internationale lui avait infligé en appel.

La décision du TAS, prise à l’unanimité par les trois arbitres désignés, achève une bataille politico-judiciaire qui durait depuis huit mois. Celle de ladite affaire du paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros), fait en février 2011, par le Suisse Joseph Blatter, alors président de la FIFA, à son ancien protégé Michel Platini. Une décision lourde de sens, car l’ancien numéro 10 ne pourra pas donner le coup d’envoi du championnat d’Europe des nations organisé en France en juin, une compétition qui l’avait consacré en tant que joueur en 1984. L’équipe de France, avec à sa tête Michel Platini avait gagné et le Nancéien avait marqué neuf buts en cinq matchs.

Le Français a donc immédiatement démissionné de son poste de président de l’UEFA. Cela va lui permettre de saisir la justice civile suisse. Il veut dénoncer une instrumentalisation du TAS, “comme par hasard, la durée de suspension de quatre ans m’empêche de me présenter à la prochaine élection à la présidence de la Fifa”, en mai 2019.

 L’ensemble de toute cette histoire semble à l’instar du fonctionnement, et du financement de cette institution, bien sombre et complexe. Difficile même de savoir qui a engendré cette enquête. Le reste n’est plus qu’une histoire d’angle d’attaque. Platini fait valoir qu’il a effectivement travaillé pour la Fifa, que le paiement de deux millions de francs suisses a été validé par les comptables de l’instance, et que l’ancien joueur a payé des impôts sur cette somme. A cela, on peut rétorquer, absence de facture, somme approximative, “j’avais demandé un million par an : en livres sterling, en roubles, en euros, à eux de voir”, et demande au bout d’un laps de temps excédant la prescription en droit des affaires suisses.

 Il ne faut pas se méprendre, tout ce déballage, et ces mesures donnent à penser qu’un grand ménage se fait à la fédération de Football, avec la justice américaine comme grand ordonnateur. Cependant, derrière, les grandes manœuvres ont déjà commencé. Depuis le 7 janvier, c’est le Gianni Infantino, le secrétaire général qui a pris la tête de l’UEFA. Le gouvernement de l’UEFA pourrait profiter de la situation pour organiser en urgence l’élection du successeur, sans devoir tenir compte du délai de trois mois de campagne électorale prévu par ses statuts. Le Hollandais Michael Van Praag et le Portugais Fernando Gomes figurent parmi les prétendants.

 Des personnes et des pratiques ont été écartés et condamnés, est-ce vraiment un changement de fonctionnement de l’institution ou juste un règlement de comptes entre prétendants avides ?

Crédit photo : Football Gallery