Les forces de police ne peuvent plus arrêter le mouvement des indignés américains. Pour la première fois depuis 1946, une grève générale a été votée le 26 octobre dernier à Oakland, en Californie. Des milliers de personnes sont attendues dans les rues de la ville, provoquant la confusion générale.

Cette grève générale du mercredi 2 novembre intervient quasiment une semaine après les échauffourées entre les forces de police et les indignés d’ “Occupy Oakland” , mouvement lancé dans le sillage d’ “Occupy Wall Street” à New York et dont le principal objectif consiste non seulement à dénoncer  la détention de 40% des richesses mondiales par 1% de la population, mais aussi le taux de chômage persistant. Jusqu’alors, les indignés d’Oakland se limitaient à l’organisation de manifestations et à de simples actions de militantisme, mais il semblerait qu’ils soient passés à la vitesse supérieure depuis les violents affrontements intervenus le 25 octobre dernier.

En effet, c’est lors d’une marche de plus d’un millier de personnes contre l’arrestation d’occupants du campement d’indignés de la ville que Scott Olsen, jeune vétéran de la guerre en Irak âgé de 24 ans, a été gravement blessé par les forces de police. Au cours de cette manifestation, 85 manifestants ont été arrêtés et le campement dispersé, provoquant l’indignation des dissidents. Le lendemain, l’Assemblée Générale du mouvement des indignés californiens appelait à une mobilisation générale en guise de réaction.

Visant une paralysie totale de l’activité économique et financière du cinquième port des États-Unis, cette grève est non seulement soutenue par les vétérans du corps des Marines, qui se sont ralliés au mouvement suite au récent événement, mais aussi par un grand nombre de syndicats, dont celui des enseignants (Oakland Education Association). Contre toute attente, la grève est également encouragée par le maire de la ville, Jean Quan, celui-même qui avait envoyé les forces de police le 25 octobre pour déloger le campement des indignés.

Dans une lettre ouverte rédigée par l’Association des officiers de police d’Oakland (Oakland Police Union), les auteurs font part de leur confusion  face à l’absence de clarté de la part de l’administration de la ville, qui encourage ses habitants à recourir au droit de grève, tout en dépensant plusieurs centaines de milliers d’euros dans le déploiement de policiers supplémentaires pour encadrer ces grèves.

C’est dans cette atmosphère d’indignation générale que se prépare la première grève américaine depuis le début du mouvement des indignés américains lancé en septembre dernier.