Aurélie_Filippetti_photoGarci80Un an après le lancement de l’Acte 2 pour la culture, où en est la stratégie du gouvernement sur le dossier du numérique ? En tentant de répondre à cette question, nous nous intéresserons bien sûr aux conclusions de la mission Lescure et de sa transcription dans le réel… La comitologie socialiste, érigée comme nouvelle méthode d’élaboration de la décision publique a permis la rédaction de nombreuses pages sur la révolution numérique et son impact sociétale sans produire d’avancées notables pour le citoyen usager…

Dès le départ, les acteurs du secteur se sont montrés sceptiques quant à la volonté du gouvernement d’accompagner la révolution numérique. C’est d’ailleurs dans ce sens que Philippe Aigrin (Quadrature du net), Alain Bazot (UFC Que Choisir) et François Nowak (Samup – Syndicat des artistes musiciens, chanteurs, danseurs et enseignants) ont cosigné une tribune sur Ecran.fr pour expliquer leur refus de participer à la mission Lescure : “Pour la troisième fois en cinq ans, la mission […] est confiée à une personne fortement impliquée dans les intérêts privés de la production, distribution et promotion des médias”.

Pourtant, le gouvernement par l’intermédiaire du Premier Ministre souhaité souligner son engagement sur ces questions : « Nous sommes présents sur tous les fronts du numérique, mais il faut le faire de cette façon, avoir une politique globale, ne pas se limiter aux infrastructures ». Plus récemment c’est la ministre de la culture Aurélie Filippetti qui rappelait que « le numérique vecteur de diffusion culturelle » lors d’une conférence à l’EAC (école artistique).  Et lors de la présentation des conclusions de la mission Lescure, la décision d’instaurer une gestion collective obligatoire semblait crédibiliser la volonté des pouvoirs publics.

Malgré ces gages de bonne volonté, l’impression ne fut que de courte durée. En effet peu de temps après cette idée a été abandonnée confiant à la mission Féline (membre d’HADOPI) le soin de réévaluer le dispositif, venant ainsi remettre en cause le travail de l’administration des artistes et musiciens interprètes. Pour se justifier A. Filippetti accorde une interview au journal Le Monde : « l’acte II de l’exception culturelle ne se fera pas en une scène et en un seul lieu. Quant au rapport Lescure, il ne repose pas sur une mesure phare, mais sur quatre-vingts propositions » ! Autrement dit beaucoup de bruit pour rien…