Vision for the G20: Nicolas Sarkozy, Klaus SchwabLa nouvelle mise en examen de Nicolas Sarkozy pourrait donner un coup d’arrêt à son plan de marche et gêner sa course à la primaire. On peut imaginer que ses rivaux vont en profiter. Mais si cet épisode redistribue les cartes, il semble encore loin d’écarter définitivement l’ex-président de la course à l’Élysée.

C’est l’avocat de Nicolas Sarkozy, qui est évidemment monté immédiatement au créneau pour affirmer, “être mis en examen n’empêche pas d’être candidat à l’élection présidentielle, car il y a la présomption d’innocence“, a-t-il déclaré au lendemain de la mise en examen de l’ancien président. En fin tacticien Me Herzog va plus loin et compare l’affaire avec celle d’Alain Juppé, (l’exemple n’est pas choisi au hasard, bien sûr) qui a été condamné en 2004 dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. Il apparaît aujourd’hui comme le principal rival de Nicolas Sarkozy pour la primaire.
Les amis de l’ex-président se replient surtout sur la présomption d’innocence, à l’instar de Brice Hortefeux, un proche parmi les proches, qui rappelle que dans d’autres affaires le concernant, Nicolas Sarkozy a démontré “son innocence“.

Pour Henri Guaino, la situation est tout de même gênante, “nous vivons une époque où une mise en examen, même injustifiée, même si elle ne débouche pas sur une condamnation, atteint la réputation des personnes“. Il rejoint l’ensemble de la presse qui considère que  cette nouvelle mise en examen peut entraver la course vers la présidentielle de 2017. Pour Jean-François Copé, c’est encore plus clair, “jamais je n’aurais imaginé être candidat si j’étais mis en examen“, en référence à l’affaire Bygmalion dans laquelle il est témoin assisté. Faut-il rappeler qu’il vient justement de faire part de sa candidature à la primaire ?

Il faut maintenant pour Nicolas Sarkozy et ses troupes, jongler avec le calendrier juridique et politique. L’avocat de Nicolas Sarkozy a annoncé dès mardi soir des “contestations”. Cela peut retarder le calendrier de plusieurs mois, avant un éventuel procès. Sans oublier, que l’ancien chef de l’État est par ailleurs déjà mis en examen, depuis juillet dernier, pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire dite des écoutes. La Cour de cassation doit encore valider une procédure, le 22 mars.

Et puis ce n’est pas tout, mais on aurait presque oublié que pour être candidat, il faut aussi (et surtout) des idées, un programme, une vision, des propositions, et puis il faut, expliquer, rassurer, débattre, défendre, convaincre, rassembler, autrement dit  “faire de la vraie politique”. Nicolas Sarkozy devrait officiellement déclarer sa candidature à la primaire avant l’été.

Crédit photo : World Economic Forum