La justice égyptienne envisage un transfert de l’ancien président Hosni Moubarak dans une prison. Hospitalisé à Charm-el-Cheikh, on le dit dans un étant de santé instable. Il pourrait être transféré dans une hôpital carcéral.

Le Procureur général, Abd el Meguid Mahmoud, a chargé une équipe menée par le chef des médecins légistes de se rendre à l’hôpital de Charm el-Cheikh, où se trouve actuellement Hosni Moubarak, «pour évaluer son état de santé et la possibilité de le transférer à la prison de Tora (au Caire) pour qu’il y passe sa détention ou à l’hôpital de la prison».

Mahmoud a en outre demandé à la même équipe «d’évaluer l’équipement (dans l’hôpital de la prison de Tora) et de procéder aux préparatifs nécessaires (…) pour que l’ex-président Hosni Moubarak puisse passer sa période de détention dans cet hôpital».

Chassé du pouvoir par la rue le 11 février après trois décennies à la tête du pays, Moubarak, 82 ans, a été hospitalisé le 12 avril après un interrogatoire dans le cadre d’une enquête sur la répression des manifestations de janvier et février, qui a fait 846 morts selon un bilan officiel.

Actuellement à l’hôpital international de Charm el-Cheikh Moubarak a été placé en détention provisoire pour 15 jours dans le cadre de l’enquête. Il fait aussi l’objet d’une autre enquête pour des affaires de corruption.

La justice avait demandé au ministère de l’Intérieur le transfert de l’ancien président dans l’hôpital de la prison de Tora au Caire, où se trouvent déjà ses fils Alaa et Gamal, incarcérés pour 15 jours dans le cadre de la même enquête, ainsi que d’anciens ministres et hauts responsables du régime.

Mais le ministère de l’Intérieur a jugé que l’hôpital de la prison n’était pas suffisamment équipé pour faire face à une dégradation rapide l’état de santé d’Hosni Moubarak.

Selon un membre d’une commission d’enquête sur les violences, Hosni Moubarak a été complice des violences meurtrières contre les manifestations anti-régime.

Pour utiliser des balles réelles contre les manifestants, «il est nécessaire d’avoir au préalable l’autorisation de Moubarak. Les tirs ont duré plusieurs jours», et leurs auteurs n’ont pas été sanctionnés, a expliqué le juge Omar Marwane, secrétaire général de la commission d’enquête établie avant le départ du président déchu. «Cela confirme son implication et sa responsabilité», a-t-il souligné.