Michel Onfray_photo de Fronteiras do PensamentoComme souvent, l’intellectuel Français Onfray a adopté une posture à contre-courant après les attentats du 13 novembre. Il ne s’en prend pas aux auteurs des attentats, mais vise en priorité “les guerres extérieures” de la France contre “l’islam politique”. De fait, s’il ne fait pas l’unanimité chez nous, il devient une véritable “star du côté de l’EI.

Michel Onfray défend pourtant une vision plutôt athée et jouissive de la vie, mais à force de vouloir être à contre-courant, il se retrouve intégré dans le courant contraire. Du coup, ses déclarations ont un écho auprès des supporters de l’organisation de l’État islamique (EI) qui ont retweeté ses déclarations à l’infini depuis samedi. L’intellectuel qui défend l’athéisme fait ironiquement le buzz sur les réseaux djihadistes les plus intégristes et certaines de ses interventions télévisées ont été sous-titrées en arabe et diffusées sur leurs réseaux.

Le spécialiste des mouvements djihadistes David Thomson, journaliste de RFI, explique que Michel Onfray est même en train de devenir “l’une des coqueluches de l’EI“. “Onfray est traduit en arabe, il est partagé sur tous les comptes pro-EI parce qu’il reprend mot pour mot le discours de l’EI“. “Par esprit retors ou faussement rebelle, à moins que ce ne soit le syndrome de Stockholm, vous en trouverez toujours pour donner raison aux assassins“, a aussi réagi l’essayiste Caroline Fourest

Pour être honnête, il n’est pas seul à adopter cette posture en France. Dans la même veine, les partis d’extrême gauche comme le NPA ou Lutte ouvrière, le mouvement des Indigènes de la République, s’attaquent à la politique étrangère de la France, jugée islamophobe. “La France connaît le retour de flamme d’une politique étrangère belliciste en Libye, au Mali, en Syrie, en Irak…motivée par la stratégie du “choc de civilisations” et son corrélat interne que sont le racisme et l’islamophobie d’État“, publient sur leur site les Indigènes de la République, Parti qui se positionne comme un mouvement de mobilisation anti-raciste.

Tout ceci montre encore une fois que la démarcation entre l’analyse et la critique, la posture et le positionnement, est parfois mince et subjectif et que si le miroir n’est pas responsable de l’image qu’il reflète, celui qui le place est responsable de ce qu’il veut voir…

Crédit photo :  Fronteiras do Pensamento