Martine Aubry, candidate à la primaire socialiste pour la présidentielle explique dans une interview paru dimanche dans le JDD comment elle entend réduire la dette, relancer la croissance et agir pour l’emploi des jeunes.

Elle détaille « trois mesures immédiates » qu’elle s’engage à prendre si elle était élue présidente de la République en 2012. Partant du constat que la politique de Nicolas Sarkozy « est mauvaise », Aubry a émis trois propositions pour sortir la France de la crise. Heures supplémentaires, niches fiscales, impôt sur les sociétés.

Il s’agit de :
– La suppression de 10 milliards d’euros de niches fiscales
– La réduction à 20% de l’impôt sur les sociétés des entreprises qui investissent et l’augmentation à 40% pour celles qui distribuent des dividendes à leurs actionnaires.
– La suppression de l’exonération des heures supplémentaires qui devrait, selon elle, favoriser l’emploi des jeunes.

La croissance est à 0%, le chômage ne cesse d’augmenter, le déficit commercial est abyssal dans un contexte d’endettement très élevé. Bien sûr il y a la crise, mais comme la Cour des comptes l’a montré, les deux tiers des déficits sont dus à la politique de M. Sarkozy. Les résultats sont mauvais car la politique menée est mauvaise. Il faut en changer”, dit-elle en préambule.

“La France, ajoute-t-elle, souffre d’un triple déficit, déficit de finances publiques, déficit d’emploi, déficit de compétitivité. S’attaquer à l’un, sans les deux autres, est une impasse. (…) Je propose trois mesures immédiates : pour réduire l’endettement, supprimer 10 milliards de niches fiscales sur les 70 milliards créés depuis 2002 ; en parallèle, pour relancer la croissance, baisser à 20% l’impôt sur les sociétés qui réinvestissent, notamment les PME et le monter à 40% pour celles qui privilégient les dividendes ; enfin, financer un plan d’action pour l’emploi des jeunes en supprimant les subventions absurdes aux heures supplémentaires qui bloquent les embauches dans un pays qui souffre du chômage”.

Elle souhaite par ailleurs la création d’une taxe européenne sur les transactions financières de 0,05% : “cela limitera la spéculation et apportera 200 milliards d’euros pour réduire les dettes et financer une partie des investissements d’avenir”, explique-t-elle.