burkini_photo de Red Frame OmaQ.orgC’est une initiative qui fait immanquablement polémique. Une association a réservé pour le mois de septembre, une journée dans un centre aquatique, afin que des femmes puissent se baigner en “burkini et en jilbeb”. Les réactions de plusieurs politiques marseillais sont immédiatement arrivées. Face à eux, le collectif à l’origine de l’initiative se défend.

A la base, une association marseillaise, Smile 13,  qui a pour but “d’encourager les femmes à s’engager dans des actions communes et à contribuer à leur épanouissement”, loue un centre aquatique, le Speed Water Park, pour le 10 septembre prochain. Un flyer présente la journée ainsi, “je compte sur vous pour respecter la Awra (toute chose cachée par pudeur), et donc de ne pas venir en 2 pièces. Le minimum est un maillot une pièce avec paréo ou short-caleçon”. Seuls les garçons de moins de dix ans seront autorisés à entrer dans le parc aquatique.

Il n’en fallait pas plus pour que, le sénateur-maire Front national de Marseille, Stéphane Ravier, intervienne, «un pas de plus a été franchi, mais tout cela est affreusement logique. Quand on vit à Marseille, on se rend compte qu’il y a une percée du fondamentalisme islamique». L’élu frontiste appelle le propriétaire à «ne pas collaborer à la communautarisation de notre pays», et lui demande d’annuler la privatisation.

Même son de cloche du côté de la députée du Parti Les Républicains des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, dénonce une «soi-disant mode» «Burqa, tchador, abaya, niqab, hijab, peu importe le nom, ils constituent un enfermement dans le sexe, une négation de la personne, un interdit d’égalité, un interdit de fraternité», ajoute la maire des 11e et 12e arrondissements de Marseille.

Sur place, on est plus circonspect, le maire de la commune, Michel Amiel se refuse à toute condamnation, pointant notamment le fait qu’il s’agit d’un parc privé. Cependant, le sénateur-maire sans étiquette, considère cet événement comme “une provocation, du communautarisme pur et dur”, et envisage la possibilité de prendre un arrêté municipal interdisant cet événement, “car il est susceptible de troubles à l’ordre public”.

Pas grand monde pour soutenir l’association Smile 13, celle-ci nie toutes velléités de communautarisme. La trésorière de l’association, Mélisa Thivet n’est pas surprise par la polémique, mais plus par l’ampleur qu’elle prend. «Je ne vois pas ce que l’on peut nous reprocher à part de pratiquer notre religion. Nous sommes dans un pays laïc et chacun doit pouvoir pratiquer son culte comme il l’entend“.

Reste, que l’initiative va permettre à des femmes de sortir de leurs carcans habituels, précise Mélisa Thivet, “certaines n’ont pas la chance de pouvoir aller se baigner dans le parc en pleine saison, par pudeur. On leur offre cette chance, mais les gens ont l’esprit étroit”.

C’est vrai, que ce n’est pas facile pour ces femmes, elles ne peuvent pas se baigner, et vivre peut-être un rare moment de plaisir à cause, en premier lieu d’une application extrême de leur religion, et par le raidissement inévitable de la société vis-à-vis de tous signes de communautarisme.

Crédit photo : Red Frame OmaQ.org