La ville de Marseille vient  de passer un arrêté  “contre les comportements portant atteinte à l’ordre public”. En clair, la municipalité de Jean-Claude Gaudin vient d’interdire la mendicité dans le centre-ville de Marseille.

La mairie évoque les incidents qui ont émaillé la ville pendant l’été et explique que cet arrêté doit rétablir « la tranquillité sur l’espace public ».

Cette mesure n’est pas inédite en France. Auparavant Nice, Montpellier et Chartres ont fait de même. Quand on interdit la mendicité sur la promenade des Anglais, on cherche sans même s’en cacher à faire fuir la misère, histoire de rester entre riches et de ne pas effrayer les touristes.

Mais dans la deuxième ville de France, cité globalement très populaire, cette décision semble encore moins à propos. Surtout qu’il est assez hypocrite de vouloir mettre sur le dos des sans domicile la vague de violence qui secoue la cité phocéenne.

L’opposition dénonce une « chasse aux pauvres ». Mais où les sans domicile pourrez-ils  bien aller si toutes les villes de France adoptaient ce genre d’arrêté pour les faire fuir hors de leurs limites ? Dans les bois ? N’est-ce pas là une réelle déresponsabilisation de la part de la municipalité Gaudin ?

De toute façon, on imagine mal comment les mendiants pourront s’acquitter de l’amende de 38 euros qu’ils sont censés payer s’ils ne respectent pas l’arrêté. À moins qu’à ce prix là, ils ne soient « gentiment » raccompagnés  aux limites de la ville…