Le Front National a grossi, et devient un parti qui a des ambitions plus élevées et donc parfois des désillusions plus fortes. Les répercussions des échecs sont plus difficiles à négocier surtout pour un parti ou la volonté du chef ne doit pas être contestée. Marine le Pen, doit maintenant choisir si elle veut garder son leadership. Il s’agit de savoir si elle maintient sa volonté de sortie de l’Euro avec en filigrane le maintien de Philippot.

 Ils sont de plus en plus nombreux au Parti à réclamer l’abandon pur et simple de cette mesure qu’ils jugent impopulaire, « anxiogène » pour les Français et, en particulier, pour l’électorat de droite comme les retraités épargnants, et les commerçants. Non seulement, la sortie de l’euro s’avère une idée qui n’est plus mobilisatrice, mais les cadres du Parti se sont régulièrement pris les pieds dans le tapis pour aborder la question.

 Cela a donné lieu à une vaste cacophonie, à laquelle même la présidente Marine le Pen a fini par succomber à travers des renoncements et des retours en arrière.

Cependant, à l’intérieur du parti, la question de l’euro est l’arbre qui cache la forêt. L’intérêt pour beaucoup se situe dans un changement de cap pour un virage à droite toute. Ce qui est visé, c’est tout le pan social et interventionniste prôné par le bras droit actuel de la présidente du Parti. Les adversaires de Philippot veulent revenir à un positionnement plus libéral. Cette position serait plus adéquate pour se revendiquer comme une opposition de droite et s’allier aux Républicains qui ne comptent pas s’allier à La République en marche.

 Marine le Pen va-t-elle les entendre et sacrifier son « éminence grise » pour restaurer complètement son autorité à la tête du Parti ? La question n’est pas simple, car la ligne de conduite de Philippot représente certainement la sensibilité propre de Marine le Pen, et elle irait donc à contre-courant de ses propres positions souverainistes et protectionnistes affichées depuis longtemps.

 De plus, ce serait la perte d’un lieutenant d’envergure, et ils ne sont pas si nombreux dans le panier de crabes qu’est devenu le Parti. Le Parti a eu le vent en poupe ces dernières années, et attire de nouveaux membres, mais beaucoup de ces ralliements, sont des opportunistes, recalés dans les autres partis qui veulent une place au soleil.

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