“Ce qui devait arriver, arriva”, “c’est la fin d’un faux suspense”, “enfin”. Voilà en gros les premières réactions à l’annonce d’Emmanuel Macron concernant sa candidature à l’élection présidentielle de 2017. Sa candidature hors partis, montre que l’ex-ministre veut casser les codes français en sortant du cadre classique droite-gauche.

En fait, si l’on regarde bien et si on fait, pour les plus anciens, un petit exercice de mémoire, ce type de candidature n’est pas tout à fait une première sous la Ve République. Même si les situations politiques ne sont pas exactement les mêmes, on peut trouver des similitudes avec les tentatives menées par Jean Lecanuet, Alain Poher ou Michel Rocard. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augures, il faut noter qu’ils ont tous échoué à des degrés divers.
Bien sûr, cet ancien banquier d’affaires de 38 ans, sait cela, mais il compte sur une situation actuelle et une opinion publique très critique envers le monde politique classique pour faire de sa jeunesse et sa relative verdeur politique un atout et pas un défaut. Son créneau et sa stratégie vont se situer dans sa capacité à secouer très fort l’ensemble, et récupérer ce qui tombe afin de constituer le “camp des progressistes”. Ce sont les 30 % de Français, qui disent ne plus se sentir proches d’aucun parti politique, et dont nombreux rechignent à se reporter sur des alternatives extrêmes.
Pour cela, il faut se faire mieux connaitre en tant que candidat et en tant que meneur pour “sortir” de l’image de “l’ex-ministre de…”. Selon la formule consacrée, Emmanuel Macron a donc prévu d’aller sur le terrain. Deux à trois déplacements par semaine sont prévus d’ici à la fin de l’année, chacun sur une thématique précise afin d’éviter des discours de stratégie politique et se focaliser sur les enjeux et les préoccupations de bases des Français.
Tout ceci, c’est la théorie, et en jouant hors des sentiers battus, Emmanuel Macron va se mettre sous le feu nourri de ses adversaires de droite et de gauche. Si la mayonnaise prend et qu’il apparaît à un moment donné crédible dans les sondages, les critiques ne se feront plus simplement bienveillantes et compatissantes. Le combat va se durcir, et le tendre candidat Macron va devoir “muscler son jeu” comme aurait fait, l’ex-entraineur de l’équipe de France championne du monde de football, Aimé Jacquet.
C’est en général à ce moment-là, que les véritables difficultés commencent, car il faut se rappeler que jusqu’ici, celui qui est arrivé au bout, n’est pas forcément le meilleur. C’est plutôt celui qui a maitrisé, et qui dirige la redoutable machine de guerre électorale, et de destruction de candidats ennemis que représente un Parti en ordre de marche.

Crédit photo : Mat Beaudet