Question de confession morale, voire philosophique, tout le monde à l’UMP ne parvient pas à avaler les propos du ministre Claude Guéant au sujet de la viande hallal. Cette polémique étant l’œuvre initiale de Marine le Pen, peut-être la fille du fameux bourreau borgne d’Alger devrait devrait-elle porter plainte pour recel d’idées. En effet, Claude Guéant, le plus trash des ministres, vient encore d’empiéter sur son terrain — certains des partisans de cette dernière, pensant probablement que le ministre, mieux que de l’égaler, la surpasse, trouveront probablement leur compte à troquer l’appellation “FN” de leur carte de militant contre un bon petit “UMP”. C’est du moins ce que les commentateurs politiques espèrent, histoire que la grande énergie dépensée par Guéant se justifie d’un intérêt, d’une utilité stratégique. Rappel des termes de ce buzz : “Nous ne voulons pas que des menus qui correspondent à des préceptes religieux viennent à l’école. Je dis qu’il y a un risque. Nous refusons qu’à travers cette possibilité donnée aux étrangers de voter et d’être conseillers municipaux de surcroît, (…) des règles intéressant la gestion des communes échappent aux règles de la République. L’école, c’est le temple de la laïcité “. Ou comment le refus du droit de vote aux étrangers se justifierait par la nécessité de  préserver la pérennité de notre bonne boustifaille républicaine ( ou “mets laïques” pour les moins populaires). Un parallèle que tout le monde ne saisit pas, dans les rangs de l’UMP.

Après la désolidarisation de l’ancienne ministre de l’écologie et actuelle porte-parole du candidat-président, Nathalie Kosciusko-Morizet, est venue celle de Rachida Dati — qui venait pourtant de faire son grand retour dans l’entourage du président. Quant au premier ministre François Fillon, qui s’était opposé aux propos de Guéant touchant sur la non-valence — et donc la supériorité — de certaines civilisations par rapport à d’autres, il a choisi de supporter son collègue dans cette polémique. La position de Fillon en a ainsi déçu plus d’un, jusque dans son entourage même. Le député UMP et copain de Fillon Bernard Debré s’étant déclaré “très surpris” à ce propos. “Je suis vraiment un ami de François Fillon et ça m’autorise à lui dire : Je ne suis pas d’accord”, a-t-il déclaré à la presse dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

Perdre un bon poteau, est-ce si important quand on vient de gagner une paire de nouveaux électeurs d’extrême-droite ?