La période estivale, c’est une période propice pour ce que l’on appelle “les marronniers” dans le domaine journalistique. Les “marronniers”, ce sont ses thèmes récurrents, qui reviennent chaque année. Par exemple, les conseils pour maigrir avant d’aller sur la plage. Parmi ces thèmes, il faut noter que le sexe apparaît maintenant incontournable. Si l’on en croit les sexologues, qui ne chôment pas en été, la saison est propice à moins de préoccupation quotidienne, il y a donc plus de place pour diverses idées coquines. Vous rajoutez le rallongement des journées et surtout, plus de nudité, et de corps découverts.

Cependant, fort est de constater que la thématique sexuelle dépasse maintenant le cadre du simple article écrit, pour compenser une actualité souvent plus calme au mois d’août. De plus en plus de magazines consacrent maintenant des articles sur le sujet toute l’année. Un bon article doit contenir un bon dosage de différents ingrédients. Un minimum de sensationnalisme parfois en phase avec l’actualité, la réflexion et la caution du spécialiste et un minimum d’humour ou au moins de détachement, car tout ceci, c’est du sexe et le sexe, c’est du plaisir, surtout en vacances.

Il ne s’agit pas d’aborder en profondeur les grands traumatismes, mais bien de se confronter et de faire les voyeurs en matière de pratiques sexuelles. Nous entrons dans le domaine du frisson sexuel estival, pas dans la pratique infernale du bdsm ou les déviances des bas-fonds. Les menottes et le club échangiste d’accord, mais pas la croix de saint-André ou bondage.

A ce propos, la presse ne fait que suivre en partie, la libéralisation des mœurs. Celle-ci permet de parler et d’évoquer plus librement des différents aspects de notre sexualité. Si la thématique peut sembler de plus en plus présente, la tendance n’est pas nouvelle. La sexualité est devenue un sujet médiatique abordable, surtout après la révolution sexuelle des années 1960. Avec la chute de certains tabous, la sexualité apparaît progressivement, comme une spécialité journalistique propre.

Cependant, le sexe reste un sujet à forte connotation, il est souvent considéré comme moins sérieux et plus propice à la légèreté. C’est pour cela, qu’il revient sous forme de “marronnier” l’été. Il ne faut peut-être pas s’en plaindre, après tout, le sexe, c’est avant tout le plaisir et le voir trop sous son aspect clinique et culturel enlève un peu de son charme. Il est certainement possible de ne pas limiter la sexualité dans la presse à de simples conseils. Par exemple, si nous pouvons traiter le sport autrement que sous le simple aspect des résultats du week-end, il doit être possible d’aborder le thème du sexe sous différents angles, du plus ludique et anecdotique, au plus sérieux et sociétal.

De nombreux magazines et divers sites l’ont bien compris. Il ne faut pas l’oublier, dans la presse le corps et le sexe sont des sujets qui rapportent. Cela fait vendre et cela est tout aussi important maintenant, il génère de nombreux commentaires, et donc un trafic important et indispensable. Tout cela se répercute aussi sur les ventes.

Crédit photo : sexe-e