Otages_photo de 6franc6Thierry Dol, l’un des ex-otages d’Arlit au Niger, annonce son intention de porter plainte pour connaître les conditions de son enlèvement, et de sa libération. Il confirme le dépôt de deux plaintes pour “mise en danger de la vie d’autrui” et ” non-assistance à personne en danger” visant Areva et l’État français.

Thierry Dol veut, par cette procédure qui vient compléter l’enquête antiterroriste toujours en cours, faire enfin toute la lumière sur les mesures de sécurité prises par l’entreprise, et les conditions toujours méconnues de leur libération. Il ne sait toujours pas s’il y a eu rançon, si oui combien, les intermédiaires éventuels, les autres contreparties. En savoir plus, c’est donc l’un des objectifs de la procédure. En arrière-plan, c’est aussi un combat financier. Le fonds de garantie propose 26 Euros par jour de détention. Les otages de Jolo, enlevés pendant trois mois en 2000, ont obtenu une décision de justice bien plus favorable. Pour Thierry Dol, “c’est indécent, après ce que nous avons vécu, de devoir entrer dans des discussions de marchands de tapis. Je ne veux plus être l’otage de personne. J’ai tout perdu. Je veux juste avoir le droit de me reconstruire“.

Embauché par Vinci en 2005, Thierry Dol arrive au Niger en 2008. La sécurité est assurée par une société privée. La mort de l’otage Michel Germaneau, en juillet 2010, et les frappes aériennes françaises qui ont suivi ont peu à peu augmenté les risques. Une note de l’entreprise, reçue à l’été 2010 préconisait plus de prudence, preuve que la société n’ignorait pas ces risques. Mais le document se contentait de prodiguer simplement des conseils, comme le fait de modifier les trajets. Thierry Dol avait demandé sa mutation, obtenue en août, soit un mois avant l’enlèvement. Il est resté pour la formation de son successeur. Au moment de l’enlèvement, des investisseurs chinois étaient présents. Leur sécurité a-t-elle primé sur d’autres ?

Pour mémoire, les otages sont restés aux mains de l’organisation terroriste AL-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) pendant 1139 jours dans des conditions terribles. Pour Thierry Dol, il est temps que toute la lumière soit faite.

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