En règle générale, 20 ans, c’est le bel âge, la jeunesse insouciante, des projets plein la tête et des lendemains qui chantent. Pour l’Euro, ce n’est pas exactement la même chose. Très souvent décriée et chahutée, la Commission européenne a tout de même décidé de fêter les 20 ans de la monnaie unique, en essayant d’accroître son usage mondial.

En effet, c’est en janvier 1999, que fut créé l’Euro, même si la mise en circulation des pièces et des billets fut plus tardive, au 1er janvier 2002, dans 12 pays à l’époque. Son utilisation s’est ensuite répandue sur 340 millions d’Européens dans 19 pays. Cette date est aussi une date maudite pour les eurosceptiques et ceux qui mettent l’Euro derrière les causes de tous les maux. Cependant, Jean-Claude Juncker, a rappelé que “l’euro n’a que 20 ans, mais il a déjà parcouru un chemin important, en dépit des critiques. Il est désormais la deuxième monnaie la plus utilisée dans le monde avec 60 pays ayant lié leur monnaie à l’euro d’une manière ou une autre. Mais il faut faire plus pour permettre à la monnaie unique de tenir pleinement son rôle sur la scène internationale”.

En effet, il serait peut-être intéressant de considérer les choses dans une autre perspective. Et si l’Euro n’était pas justement assez utilisé au niveau mondial pour pouvoir donner la pleine mesure de ses bienfaits ?

C’est dans cette optique, que la Commission européenne a notamment adopté, une recommandation appelant tous les acteurs économiques, les Etats membres et les différentes autorités à promouvoir un usage plus répandu de l’euro, notamment dans des secteurs clés comme l’énergie par exemple.

Il ne s’agit pas, de forcer personne, mais bien de rappeler des choses simples comme le fait que 85 % de cette facture énergétique est payée en dollars. Cette utilisation, plus forcément fondée de la monnaie américaine, maintient une dépendance et “des incertitudes, des risques et des coûts” qui pourraient être atténués avec des contrats en euros.

Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne pour l’euro et le dialogue social, en charge de la stabilité financière explique, “l’euro est une monnaie jeune, mais qui a fait ses preuves. Le temps est venu pour l’euro de jouer un rôle plus international. L’euro devrait refléter le poids politique, économique et financier de la zone euro et soutenir un ordre économique et politique international équilibré et basé sur des règles”.

20 ans, c’est aussi l’âge où l’on veut prendre toute sa place. Il s’agit donc de faire le point sur le potentiel des transactions en euros dans tous les domaines, pour rappeler que de nombreux contrats clé, signés par des compagnies européennes dans des secteurs stratégiques, le sont majoritairement en dollars. Il faut se servir de l’allant de la jeunesse et ne plus être timide. La monnaie doit représenter l’extension et la vitalité du concept de la zone euro, qui représente 12 % du PIB mondial. L’an dernier, 36 % des transactions internationales réalisées dans le monde, ont été facturées ou réglées en monnaie unique. L’euro représente 20 % des réserves internationales des banques centrales étrangères. Si l’Euro reste encore loin derrière le dollar et ses 60 %, il faut se rappeler qu’aucune autre devise ne dépasse les 5 %.

A 20 ans, Il est peut-être temps d’être moins timide sur le plan mondial pour mieux convaincre au plan européen. Selon Pierre Moscovici, le commissaire aux affaires économiques et financières, un usage plus répandu de l’euro devrait “mieux protéger les citoyens et les entreprises européens contre les chocs externes et rendre le système financier et monétaire international plus résilient“.

Le “vieux continent” pourrait s’offrir une deuxième jeunesse en Euro, au détriment du bon vieux dollar américain.

Crédit photo : maryna-yazbeck